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Mali: un chef jihadiste du sud et 14 autres condamnés

La justice malienne a condamné vendredi à la peine de mort le chef d'un groupe islamiste armé et 14 autres hommes pour leurs agissements dans le sud du pays, à la frontière ivoirienne et burkinabè, où ils s'employaient à répandre le jihad en cours dans le nord.

"Je ne regrette rien parce que notre combat est contre la laïcité de l'Etat malien. Si j'en ai la possibilité, je recommencerai", a dit le principal accusé, Souleymane Keïta, 61 ans, présent à l'audience de même que deux autres accusés.

Les 12 autres accusés, absents, ont été condamnés à la peine capitale par contumace, ce qui n'est pas exceptionnel au Mali, confronté depuis 2012 à la propagation jihadiste et coutumier de semblables procès.

Dans les faits, le Mali n'applique pas la peine de mort depuis 1980, même si elle figure toujours dans les textes. Les peines prononcées devraient donc équivaloir à des condamnations à la prison à vie.

Souleymane Keïta était jugé en tant que chef de la katiba (unité combattante) Khaled Ibn al-Walid, surnommée "l'Ansar Dine du sud", par référence à l'un des groupes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali en 2012 jusqu'à une intervention militaire internationale lancée par la France.

Ansar Dine, fondé par le Touareg Iyad Ag Ghaly, s'est joint en 2017 à plusieurs autres groupes armés pour créer le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda et qui a revendiqué la plupart des principaux attentats au Sahel.

Souleymane Keïta aurait combattu aux côtés d'Iyad Ag Ghaly dans le nord après le début des rébellions indépendantistes et islamistes en 2012. Après l'intervention militaire à l'initiative de la France en janvier 2013, il aurait créé sa katiba dans le sud, sa région d'origine.

Selon l'accusation, Iyad Ag Ghaly et Souleymane Keïta avaient pactisé pour que ce dernier s'emploie à imposer la charia dans le sud. Ansar Dine aurait soutenu financièrement la katiba Khaled Ibn al-Walid.

- Coopération transfrontalière -

Cette dernière comptait environ 200 membres, disait un responsable sécuritaire au moment de l'arrestation de Souleymane Keïta en 2016.

L'accusation reprochait aux accusés des attaques et des saccages à Fakola et Misseni, près de la frontière ivoirienne. Un gendarme avait été tué. D'autres actes terroristes leur ont été imputés au Mali et dans sa capitale, sans guère plus de précision.

Le combat de Souleymane Keïta ne connaissait pas de frontière. Le cheveu rare et grisonnant, il a expliqué à la barre qu'il avait approché les deux co-accusés présents pour monter des "opérations d'envergure".

Boubacar Sawadogo, 51 ans, et Moussa Maïga, 33 ans, appartenaient à la "branche d'Ansar Dine" au Burkina, leur pays d'origine, a-t-il dit. Boubacar Sawadogo avait lui-même été enrôlé par Ansar Dine dans le nord du Mali avant de rentrer chez lui, selon l'accusation.

"Je ne suis pas terroriste, je mène le jihad à la frontière entre Mali, Burkina et Côte d'Ivoire au nom d'Ansar Dine", a proclamé Souleymane Keïta au cours de ce procès achevé en quatre heures.

On ignore pourquoi les autres accusés étaient absents. Certains ont été libérés, a dit le principal d'entre eux.

Comme cela fut le cas fin octobre au procès d'une autre figure jihadiste, le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed, également condamné à mort, l'incertitude a subsisté jusqu'au bout quant à la présence de Souleymane Keïta à l'audience. 

Les spéculations ont porté sur la possibilité qu'il ait été relâché dans le cadre du récent échange controversé entre 200 jihadistes et prisonniers d'une part, et quatre otages dont la Française Sophie Pétronin de l'autre.

Huit ans après le début des insurrections, le Mali pauvre et enclavé est pris dans une tourmente de violences jihadistes et intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts. Elles se sont propagées au centre du pays, au Burkina Faso et au Niger. Le sud est davantage préservé, mais l'inquiétude demeure d'une extension du phénomène jusqu'au golfe de Guinée.

AFP

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