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Ethiopie: arrestation de 17 officiers accusés de trahison au profit du Tigré

Dix-sept officiers  éthiopiens ont été arrêtés, accusés de "trahison" au profit des forces de la région dissidente du Tigré (Nord), contre laquelle le gouvernement fédéral a lancé le 4 novembre une opération militaire, rapporte la radio-télévision Fana BC, affiliée au pouvoir.

"Dix-sept officiers de l'armée ont été arrêtés pour avoir créé un terrain propice à une attaque de la junte" au pouvoir au Tigré "contre les forces de défense nationale", écrit Fana BC sur son site internet, citant la police.

Cette dernière ne lie pas explicitement ces arrestations aux attaques que le gouvernement fédéral accuse les forces du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti au pouvoir au Tigré, d'avoir menées contre deux bases du Commandement Nord de l'armée dans la région pour justifier son intervention militaire.

Mais elle indique que ces militaires sont accusés "d'avoir coupé les réseaux de communication entre le Commandement Nord et le Commandement central" de l'armée, "un acte de trahison", selon Fana BC. 

"Ils ont rejoint le complot du TPLF en exposant les forces armées (fédérales) à une attaque", poursuit la police.

Selon Fana BC, l'un des officiers arrêtés est le général Gebremedihn Fekadu, chef du département des communications des forces armées éthiopiennes, "pris en flagrant délit alors qu'il tentait d'envoyer au TPLF 11 boîtes chargées d'explosifs et de composants de projectiles".

Dans le même temps, Daniel Bekele, directeur de la Commission éthiopienne des droits de l'Homme (EHRC), institution publique indépendante, s'est inquiété sur Twitter de l'arrestation de six journalistes, sans donner préciser la date ou les motifs de celle-ci.

Parmi eux figurent Medihane Ekubamichae, du journal indépendant Addis Standard, et Bekalu Alamrew, du media en ligne Awlo Media Center.

Dans un communiqué, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) voit dans l'arrestation de M. Bekalu et d'autres journalistes "un retour en arrière dangereux par rapport aux mesures initialement prises par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed pour améliorer la liberté de la presse".

Le TPLF, tout-puissant durant les presque 30 ans qu'il passa aux commandes des institutions politiques et sécuritaires en Ethiopie, défie depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral.

Ses dirigeants accusent M. Abiy de les avoir progressivement écartés du pouvoir depuis qu'il est devenu Premier ministre en 2018 et ont organisé en septembre des élections régionales considérées comme illégitimes par Addis Abeba.

Prix Nobel de la paix 2019, M. Abiy a assuré mardi que les opérations militaires au Tigré étaient sur le point d'aboutir, soulignant que leurs objectifs étaient notamment de désarmer les forces des autorités régionales et de rétablir "une autorité légitime dans la région".

AFP

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