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Le président de transition du Mali investi, sanctions ouest-africaines maintenues

Un ancien officier,  Bah Ndaw, a prêté serment vendredi à Bamako comme président de transition au Mali en promettant le retour d'un gouvernement civil sous 18 mois, mais les pays ouest-africains ont décidé de maintenir leurs sanctions jusqu'à la nomination d'un Premier ministre civil.

Bah Ndaw, 70 ans, en boubou blanc, et le chef de la junte qui a pris le pouvoir à Bamako en août, le colonel Assime Goïta, 37 ans, en uniforme, ont prêté successivement serment comme président et vice-président devant le président de la Cour suprême, Wafi Ougadeye Cissé.

"Vous prenez les rênes de votre pays à un des moments cruciaux de son histoire. Votre tâche sera ardue car les attentes de votre peuple sont immenses et toutes plus urgentes les unes que les autres", les a prévenus le président de la Cour suprême.

"Votre peuple a soif de paix, de sécurité, de stabilité, d'unité nationale, de concorde, de cohésion sociale et de justice", a-t-il souligné.

Cette cérémonie doit marquer le début d'une période de transition d'une durée maximale de 18 mois préparant des élections générales et le retour des civils à la tête du pays, a rappelé le procureur général de la Cour suprême Boya Dembélé.

La transition "ne doit pas s'éterniser, cela s'entend", a insisté le procureur, citant à plusieurs reprises les articles de la "charte de transition" du 12 septembre, dont le contenu n'a pas été officialisé.

M. Ndaw s'est engagé sur ce point, affirmant après sa prestation de serment "la détermination des Maliens à conduire une transition stable, apaisée et réussie dans les conditions et les délais convenus". "La charte de la transition est mon bréviaire", a-t-il dit.

Il a également assuré que le Mali respecterait tous ses engagements internationaux.

Cette double investiture devait ouvrir la voie à une possible levée des sanctions imposées au Mali par la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) deux jours après le le putsch du 18 août, officiellement réalisé sans effusion de sang, contre le président Ibrahim Boubacar Keïta.

En place depuis 2013, le régime de M. Keïta était affaibli par des mois de contestation face à son incapacité à juguler les violences jihadistes et intercommunautaires ou à résoudre la grave crise économique et institutionnelle dans laquelle s'enfonce inexorablement le pays.

- "Retour à la normale" -

Mais les représentants de la Cédéao présents, dont l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, médiateur dans cette crise, ont indiqué dans un communiqué que les sanctions "seront levées lorsqu'un Premier ministre civil sera nommé".

C'est M. Ndaw, un colonel-major à la retraite, brièvement ministre de la Défense en 2014 du président Keïta, qui nommera le Premier ministre, selon le plan de transition retenu par la junte.

Lors d'un sommet sur la crise malienne la semaine passée, la Cédéao avait réclamé la nomination immédiate de civils comme président et Premier ministre de transition.

"Nous sommes optimistes sur le fait que cet événement marquera le début du retour à la normalité au Mali", avait indiqué M. Jonathan jeudi soir sur son compte officiel twitter.

La cérémonie, à laquelle assistaient des représentants de la communauté internationale et de nombreux militaires en uniforme, a été émaillée de plusieurs incidents, dont un retard provoqué par l'absence à l'ouverture de la séance des deux principaux intéressés.

"On vient de m'informer qu'ils ne sont pas dans la salle", a lancé le président de la Cour suprême, déclenchant des rires et un brouhaha dans la salle. "Vous les faites entrer tout de suite!", a-t-il ensuite ordonné aux responsables du protocole. 

Un autre sujet de discussion entre la Cédéao et le nouveau pouvoir au Mali pourrait venir des attributions du vice-président, chargé des questions de défense et de sécurité, qui n'est autre que l'ex-chef de la junte, le colonel Goïta.

"Le vice-président de la transition tel que prévu par la charte de la transition ne pourra, en aucune manière, remplacer le président de la transition", avait expressément exigé l'organisation dans son communiqué final la semaine dernière.

Or, le procureur de la Cour suprême a précisé pendant la cérémonie qu'en vertu de cette charte de transition, que le vice-président pourrait remplacer le président en cas de vacance du pouvoir temporaire ou définitive.

AFP

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