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Et si le Sénégal n'était qu'un pays de machos?

Comme le chantait le groupe Cookie Dingler, «être une femme libérée, ce n’est pas si facile». En particulier au Sénégal, où les femmes sont devenues «les nouveaux nègres» de la société, exclues de la participation politique et des hautes sphères de décision, juge Khady Touré, une jeune femme chef d'entreprise.

Dans une tribune publiée dans plusieurs quotidiens de Dakar, dont le journal L’enquête, Montréal et Paris, la jeune femme ne prend pas de gant pour fustiger et dénoncer l’hypocrisie de la société sénégalaise.

«L’avenir de l’Afrique se joue entre les mains de jeunes femmes délivrées de la peur, affranchies de l’autorité parentale et prêtes si nécessaire à la désobéissance», livre-t-elle comme message à l’attention de ses consœurs en cette journée internationale des droits de la femme.

Dans cette tribune, Khady Touré évoque le difficile retour des femmes au bercail, après des années passées en Occident. Le regard que porte les hommes sur ces femmes «jugées trop occidentalisées».

Pour Khady Touré, «de la même manière que les noirs ont longtemps été discriminés, ce sont aujourd’hui les femmes et en particulier les jeunes femmes qui subissent un véritable apartheid sexuel».

La jeune femme va plus loin et dénonce avec véhémence le silencieux sabotage qui s’opère dans cette société pour briser toute velléité de leadership jeune et féminin. L’explication est simple.

«La vérité c’est que les familles sont extrêmement fières de dire: "voilà, j’ai ma fille qui est diplômée des plus grandes universités occidentales et qui est de retour". Et ces jeunes femmes ont bien évidemment vécu seules pendant plusieurs années en appartement à l’étranger et lorsqu’elles reviennent on leur demande de se confiner dans leur chambre d’adolescente tout simplement parce que dans la société sénégalaise, c’est extrêmement mal vu d’être femme, pas mariée et de vivre seule en appartement. Donc elles sont taxées de jeunes filles infréquentables, aux mœurs légères…», souligne-t-elle. 

Khady Touré a trouvé son motif d’indignation et s’insurge contre «cette société qui en 2013 condamne encore aux enfers celles qui, non mariées ou divorcées, osent s’installer en appartement».

Lu sur L’Enquête

 

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