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Algérie: nouveau rassemblement pour la libération du journaliste Khaled Drareni

Quelque 200 personnes ont manifesté lundi à Alger pour la deuxième semaine consécutive afin de réclamer la libération du journaliste Khaled Drareni, condamné à trois ans de prison et devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse, a constaté l'AFP.

Les manifestants se sont retrouvés à la mi-journée à l'intérieur de la Maison de la Presse, dans le centre de la capitale algérienne, la présence policière restant discrète.

Ils ont scandé des slogans exigeant la libération de M. Drareni --directeur du site d'information Casbah Tribune et correspondant pour la chaîne française Tv5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF)-- et de tous les détenus d'opinion, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Le 10 août, Khaled Drareni, 40 ans, a été condamné à trois ans de prison ferme et à une amende de 50.000 dinars (330 euros) pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale".

"C'est une condamnation qui n'a aucun sens (...)Incompréhensible. Depuis 52 ans au barreau, je n'ai jamais pris connaissance d'une peine aussi lourde prononcée à l'encontre d'un journaliste", a déploré l'avocat Miloud Brahimi, ancien président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme dans un entretien lundi au quotidien francophone El Watan.

Khaled Drareni est poursuivi pour sa couverture le 7 mars à Alger d'une manifestation du "Hirak", le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

Incarcéré près d'Alger depuis le 29 mars, M. Drareni doit être rejugé en appel le 8 septembre.

Une campagne internationale de soutien et des manifestations en faveur de sa libération ont été organisées récemment à Paris, New York et Genève.

Dans un communiqué, RSF a dénoncé la semaine dernière "un contexte de plus en plus détérioré pour la liberté de la presse en Algérie".

Ces derniers mois, des journalistes ont été accusés par le régime de semer la discorde, de menacer l'intérêt national et surtout d'être à la solde de "parties étrangères".

Plusieurs sont en prison, comme Abdelkrim Zeghileche, directeur de la radio indépendante en ligne Radio-Sarbacane, condamné le 24 août à deux années de prison. D'autres procès sont en cours.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF, dégringolant de 27 places par rapport à 2015.

AFP

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