SlateAfrique

mis à jour le

Somalie: le Conseil de sécurité de l'ONU assouplit l'embargo sur les armes


Le drapeau des Nations Unies au siège à New York en 2007 AFP/Archives Nicholas Roberts

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé mercredi d'assouplir pendant une période probatoire d'un an l'embargo sur les armes à destination du gouvernement somalien, comme le demandait Mogadiscio.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité, le Conseil lève cet embargo datant de deux décennies "pour une période de 12 mois", sauf pour une série de matériels comme les missiles portables sol-air, la plupart des canons et des mortiers, les missiles guidés antichars et les équipements de vision nocturne.

Il s'agit du plus ancien embargo international sur les armes encore en vigueur.

Selon la liste publiée en annexe, la plupart des armes lourdes --au-delà de 12,7 mm, soit le calibre d'une mitrailleuse lourde-- et les équipements les plus perfectionnés restent soumis à embargo.

L'embargo ne concerne pas la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), ni le personnel de l'ONU sur place.

Les nouvelles autorités somaliennes réclamaient la levée de l'embargo imposé au pays depuis 1992, afin de mieux lutter contre le mouvement islamiste shebab et d'exercer une plus grande souveraineté sur leur territoire.

Les Etats-Unis poussaient à son assouplissement. Mais le Royaume-Uni et la France rechignaient à augmenter l'énorme arsenal d'armes en circulation en Somalie et réclamaient des garanties, notamment pour les équipements sensibles que les Occidentaux ne veulent pas voir tomber en de mauvaises mains.

Le gouvernement somalien devra informer l'ONU au moins cinq jours à l'avance de toute livraison d'armes, et rendre compte tous les six mois des mesures qu'il aura prises pour assurer un stockage sécurisé de ces armes destinées à ses forces de sécurité.

Le Conseil "évaluera les effets" de cette levée partielle de l'embargo "dans les 12 mois".

La résolution "est équilibrée: elle envoie un signal positif au président (somalien) Hassan Cheikh Mohamoud tout en maintenant une surveillance des flux d'armes qui arrivent en Somalie", a estimé l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant dont le pays a rédigé le texte.

L'ambassadrice américaine Susan Rice s'est réjouie du "message clair de soutien adressé au nouveau gouvernement somalien".

La résolution renouvelle aussi jusqu'au 28 février 2014 le mandat de l'Amisom en adaptant la présence de l'ONU sur place aux nouvelles conditions qui prévalent depuis la transition politique en Somalie.

Une mission technique d'évaluation de l'ONU se rendra avant le 19 avril dans le pays pour étudier les moyens d'appliquer cette "révision stratégique".

L'ONU souhaite renforcer sa mission politique à Mogadiscio pour assister les nouvelles autorités et envisage de transformer l'Amisom en une mission de maintien de la paix.

L'Amisom est une force de 17.000 soldats africains (originaires du Kenya, du Burundi, de Djibouti, du Nigeria, de Sierra Leone et d'Ouganda) financée par l'ONU. Elle a connu d'importants succès militaires contre le mouvement islamiste shebab.

Mogadiscio devrait profiter de ces succès militaires pour créer dans les zones libérées "des autorités locales et des structures de sécurité permanentes, légitimes et représentatives", indique la résolution,.

Après la chute du président Siad Barre en 1991, la Somalie a été livrée durant plus de 20 ans aux milices claniques, groupes islamistes et gangs criminels. L'élection en septembre du président Hassan Cheikh Mohamoud a suscité l'espoir de doter enfin le pays de véritables institutions pérennes.