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La Tunisie combattra les salafistes armés, selon le président Marzouki


Le président tunisien Moncef Marzouki, le 20 février 2013 à Tunis AFP/Archives Fethi Belaid

Le président tunisien Moncef Marzouki affirme vouloir combattre les salafistes armés mais prône le dialogue avec les autres éléments de ce courant islamiste, dans un entretien publié mercredi dans le quotidien arabophone algérien, El Khabar.

"Le courant salafiste peut provoquer d'importants désagréments mais ne peut pas constituer un danger pour l'Etat ou la société (...) en ayant mis fin à Ennahda en tant que mouvement islamiste modéré et pacifiste, (ndlr: le président déchu Zine El Abidine) Ben Ali a ouvert le voie à des forces islamistes qui se sont entraînées en Afghanistan avant de revenir en Tunisie", a affirmé M. Marzouki.

Pour le président tunisien, un laïc allié aux islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement, le mouvement salafiste n'est pas totalement extrémiste.

"Je veux entamer le dialogue avec le courant traditionnel et le courant réformateur. Quant au courant salafiste armé, nous allons le combattre (...) j'insiste pour que cela se fasse dans le cadre de la loi", a ajouté le président tunisien.

En Tunisie, la mouvance salafiste se partage entre les piétistes, qui ne se mêlent pas de politique, les politiques et les jihadistes, pour qui la violence est légitime pour imposer la religion. Selon des experts, les salafistes et leurs sympathisants seraient une dizaine de milliers en Tunisie.

Ils sont à l'origine de plusieurs coups d'éclats violents ces derniers mois, de nombreux représentants de la société civile tunisienne craignant une montée en puissance de ces mouvances et accusant le gouvernement dominé par Ennahda de manquer de fermeté à leur égard.

Le président Marzouki déplore par ailleurs la multiplication des manifestations dans le pays qui déstabilisent l'économie.

"Cette spirale est suicidaire pour tout le monde", estime-t-il.

Sur le plan sécuritaire, la Tunisie et l'Algérie coopèrent et "restent vigilants à la moindre menace d'attaque terroriste contre l'un des deux pays".

M. Marzouki a estimé, par ailleurs, que quelques centaines de tunisiens combattaient aux côtés de rebelles syriens "pas plus", niant l'existence de plusieurs milliers d'entre eux en Syrie.