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Une école coranique de la banlieue dakaroise de Pikine, mai 2008. © REUTERS/ Finbarr O'Reilly
Une école coranique de la banlieue dakaroise de Pikine, mai 2008. © REUTERS/ Finbarr O'Reilly

Il faut dire toute la vérité sur les écoles coraniques

L'incendie d'une école coranique de Dakar pose la question de la sécurité, trop souvent négligée, dans ces établissements.

Le président sénégalais Macky Sall a annoncé lundi la «fermeture» d'écoles coraniques «ne répondant pas aux normes» et pour «mettre un terme à l'exploitation des enfants» après la mort de onze d'entre eux, âgés de sept à douze ans, dans un incendie à Dakar, dans la nuit de dimanche à lundi.

«Il faudra fermer tout établissement qui ne réponde pas aux normes», a affirmé Macky Sall, après une visite sur le lieu de l'incendie, une école coranique située dans le quartier populaire de la Médina, proche du centre-ville.

Le gouvernement «va identifier partout des sites comme celui-ci pour qu'ils soient fermés, les enfants récupérés et remis à leurs parents» et les autres «enfants venus de la sous-région remis aux autorités de leurs pays respectifs», a dit M. Sall.

Le chef de l'Etat a annoncé «des mesures urgentes et fortes pour, surtout, mettre un terme à l'exploitation des enfants simplement sous le prétexte qu'ils sont talibés», des disciples d'écoles coraniques.

«Nous ne sommes pas contre la charité mais nous sommes contre la mendicité des enfants», a-t-il ajouté, avant de dénoncer ceux «qui continuent à organiser au nom de l'islam ces conditions comme celles-ci qui entraînent la mort des enfants».

Selon un bilan fourni à l'AFP par les sapeurs-pompiers, «neuf corps sans vie d'enfants ont été découverts, en plus d'un brûlé grave», après l'incendie dans le quartier de la Médina.

Le drame est survenu dans une école coranique où se trouvaient au moins «51 enfants», a indiqué le ministre porte-parole du gouvernement Abdou Latif Coulibaly. Il a annoncé «une enquête et une autopsie des victimes».

L'endroit où ont péri les enfants est difficile d'accès, à travers des ruelles étroites débouchant sur une impasse, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Ca a été une des difficultés des sapeurs-pompiers: comment accéder au lieu de l'incendie. L'endroit est un véritable labyrinthe», a dit un responsable des pompiers.

«Tout a brûlé», témoigne une habitante, désignant des restes calcinés de deux baraques noircies par les flammes.

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, a évoqué la question du respect des normes de construction.

«La Médina était un des quartiers les mieux lotis de Dakar, mais les sapeurs-pompiers n'avaient même pas de (voie) pour accéder sur le lieu de l'incendieparce que les gens ont construit partout», a dit M. Sall.

Ce drame pose de nouveau la question des «talibés» au Sénégal, des enfants confiés à des maîtres coraniques qui les exploitent en les faisant mendier dans les rues et vivre généralement dans des conditions très précaires.

AFP

Slate Afrique avec AFP

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