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Tanzanie: une figure de l'opposition rentre au pays pour la présidentielle

Une des principales figures de l'opposition en Tanzanie, Tundu Lissu, qui a réchappé d'une tentative de meurtre en 2017, est rentré dans son pays lundi en vue de défier le président John Magafuli lors de l'élection présidentielle du 28 octobre.

M. Lissu, issu des rangs du principal parti d'opposition Chadema, a été salué à l'aéroport international de Dar es Salaam par des centaines de partisans enthousiastes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le chef du Chadema, Freeman Mbowe, qui a eu la jambe brisée en juin dans une attaque par des inconnus que son parti a qualifiée de politiquement motivée, était également présent pour l'accueillir.

La Tanzanie doit organiser des élections générales le 28 octobre. Les Etats-Unis ont accusé le pouvoir en place de chercher à "étouffer les normes démocratiques" par une série d'arrestations dans les rangs de l'opposition.

Dans un entretien accordé à l'AFP peu avant de rentrer en Tanzanie, M. Lissu, 52 ans, a indiqué qu'il "rentrait à la maison pour se battre pour la présidence".

"La question n'est pas de savoir si nous allons avoir des élections libres et équitables, nous ne nous y attendons pas. La question, c'est: +est-ce que nous serons encore en vie d'ici la fin du processus électoral+?"

M. Lissu a expliqué que l'opposition, en particulier son parti, notamment "avaient connu l'enfer ces cinq dernières années", depuis l'arrivée au pouvoir du président Magufuli fin 2015. 

"Le pire, ça a été les souffrances non exprimées. Les meurtres et les attaques de dirigeants politiques, les enlèvements, les disparitions, la torture, les poursuites illégales contre les dirigeants de l'opposition et les activistes devant les tribunaux, avec des éléments à charge fabriqués".

M. Lissu s'est dit pleinement rétabli après de multiples opérations et une longue convalescence en Europe.

"Vous devez savoir que j'ai été atteint de 16 balles. Toutes mes articulations, mes jambes, ma poitrine, mon estomac étaient déchiquetés et en conséquence, cela a mis du temps pour me soigner, me remettre sur pieds".

A présent, "je suis en très bonne forme. Bien sûr, je ne suis plus le même qu'il y a trois ans: j'ai une jambe plus courte de plusieurs centimètres. Mais à part ça, je vais bien", a poursuivi M. Lissu.

Candidat à la primaire de son parti pour l'élection présidentielle d'octobre, il a estimé que la gestion de l'épidémie de Covid-19 par le président Magufuli était "une honte nationale".

Candidat à sa succession en octobre, M. Magufuli affirme que la Tanzanie, qui a arrêté de diffuser des statistiques sur l'épidémie fin avril, est débarrassée du coronavirus. 

"Donc nous avons un blackout complet sur le coronavirus, le président veut que le monde croit qu'il n'y a pas de coronavirus (en Tanzanie). C'est un désastre", a estimé M. Lissu.

AFP

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