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Mali: la contestation rejette les offres de la médiation

Le mouvement de contestation au Mali a rejeté samedi un compromis proposé par la médiation ouest-africaine pour apaiser les tensions et prévoyant le maintien au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keita dit "IBK", dont il continue de réclamer la démission.

Menée par l'ex-président nigérian Goodluck Jonathan, l'équipe de médiation dépêchée mercredi au Mali par la Communauté économiques des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a de nouveau rencontré vendredi soir le Mouvement du 5-Juin (M5-RFP), l'alliance qui défie le pouvoir dans la rue.

"Les propositions de solutions de la Mission de la Cédéao ne correspondent absolument pas aux aspirations et attentes exprimées par le M5-RFP et portées par l'écrasante majorité du peuple malien", a signifié le mouvement dans un communiqué à l'issue de la réunion qui s'est achevée tard dans la nuit. 

Lors de cette réunion, la médiation de la Cédéao qui tente d'empêcher que la crise politique au Mali ne s'aggrave encore et d'éviter une nouvelle effusion de sang, a proposé un plan de sortie de crise en plusieurs points, selon le M5-RFP.

Outre qu'il prévoit expressément le maintien du président Keïta dans ses fonctions, le plan propose aussi notamment une recomposition de la Cour constitutionnelle, qui a fait déborder la colère en invalidant une trentaine de résultats des législatives de mars-avril, un réexamen du contentieux électoral et un gouvernement d'union nationale.

Lors de cette réunion, le M5-RFP a "réitéré ses demandes (...) notamment la démission de M. Ibrahim Boubacar Keita", mais la Cédéao a fait savoir que cette démission était "pour elle une ligne rouge", poursuit le mouvement dans son communiqué.

Selon le M5-RFP, les propositions de la médiation "ne tiennent aucunement compte du contexte sociopolitique et des risques majeurs que la gouvernance de Ibrahim Boubacar Keïta fait peser sur l'existence même du Mali en tant que nation, république et démocratie".

Il regrette aussi qu'elles soient identiques à celles déjà formulées par le chef de l'Etat et qu'il a déjà rejetées.

Dans un climat d'exaspération nourrie depuis des années par l'instabilité sécuritaire, le marasme économique ou encore une corruption jugée endémique, la troisième grande manifestation le 10 juillet contre le président IBK à l'appel du M5-RFP a dégénéré en trois jours de troubles sanglants.

AFP

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