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Mali: hommage aux morts de la contestation et médiation diplomatique

Le mouvement de contestation qui réclame le départ du pouvoir en place au Mali appelle à rendre hommage aux victimes des récents troubles, tandis qu'une mission ouest-africaine s'emploie à désamorcer la crise pour éviter une nouvelle effusion de sang.

Ce vendredi devait initialement donner lieu à un nouveau rassemblement à risques à l'appel du mouvement dit du 5-Juin. Cette alliance hétérogène de chefs religieux et de personnalités du monde politique et de la société civile s'est ravisée mercredi, jour où arrivait une délégation de la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao) conduite par l'ancien président du Nigeria Goodluck Jonathan.

Dans l'intention apparente de laisser sa chance à la mission, le Mouvement du 5-Juin (M5) a opté pour ce vendredi pour un appel a priori moins lourd de menaces à prier dans toutes les mosquées du pays à la mémoire des hommes tués une semaine plus tôt.

Dans un climat d'exaspération nourrie depuis des années par l'instabilité sécuritaire et les épreuves du quotidien, la troisième grande manifestation contre le pouvoir depuis juin a dégénéré la semaine passée en trois jours de troubles civils, les plus graves qu'ait connus la capitale depuis 2012.

Bamako est préservée en temps normal des violences jihadistes et intercommunautaires qui endeuillent le nord et le centre du pays. Mais elle a vu alors se confirmer l'inquiétude formée devant la montée des colères depuis les législatives contestées de mars-avril.

La foule a attaqué le Parlement et la télévision nationale, des rues se sont dressées de barricades, et différents quartiers ont été le théâtre de saccages et d'affrontements entre lanceurs de pierres et forces de sécurité tirant à balles réelles.

La confrontation a fait 11 morts et 158 blessés selon le Premier ministre Boubou Cissé. Une division de la mission de l'ONU dans le pays (Minusma) parle de 14 manifestants tués, dont une femme et deux garçons. Le M5 va jusqu'à évoquer 23 morts.

Les autorités ont fait arrêter plusieurs leaders du M5 avant de les relâcher. Elles ont été critiquées de toutes parts pour un usage excessif de la force. Elles ont été accusées d'avoir recouru, pour une mission de maintien de l'ordre, à une unité d'élite antiterroriste.

- Démission "pas envisageable" -

"Malheureusement, il y a eu des dérapages, c'est très regrettable ce qui s'est passé, et nous nous en excusons. Evidemment une enquête judicaire sera ouverte", a dit le Premier ministre à la chaîne France 24. "Toute la lumière sera faite" et les "sanctions nécessaires" seront prises, a-t-il promis.

Le Mouvement du 5-Juin canalise des mécontentements multiples et profonds, contre la dégradation sécuritaire et l'incapacité à y faire face, le marasme économique et social, la défaillance de l'Etat, ou le discrédit répandu d'institutions suspectes de corruption.

La communauté internationale s'inquiète de cette escalade à l'issue imprévisible, dans une région elle-même tourmentée.

La mission de la Cédéao doit continuer vendredi à rencontrer les acteurs de la crise. Elle est composée de personnalités politiques et d'experts constitutionnalistes.

Ces derniers ont pour tâche d'aider à résoudre la querelle née de l'invalidation, après les législatives, d'une trentaine de résultats. Le président Ibrahim Boubacar Keïta s'est dit prêt à revenir sur cette invalidation.

Mais la mission doit aussi chercher à forger une réponse politique sur l'exercice du pouvoir et rapprocher des positions irréconciliables sur le papier.

Le M5 dit tenir le président pour responsable de tous les maux du pays et ne plus avoir pour mot d'ordre que sa démission et la "désobéissance civile".

Le président a tenté plusieurs ouvertures, y compris l'offre d'un gouvernement d'union nationale, sans succès jusqu'alors. Sa démission n'est "pas envisageable parce que le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta est un président qui a été élu démocratiquement", a dit le Premier ministre.

AFP

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