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Zimbabwe: trois militantes de l'opposition placées en détention provisoire

Une parlementaire et deux militantes d'opposition au Zimbabwe, qui accusent la police de les avoir torturées, ont été de nouveau inculpées, cette fois-ci pour "fausses déclarations préjudiciables à l'Etat" et placées en détention provisoire vendredi à Harare, a indiqué leur avocat.

La députée Joana Mamombe et deux autres membres du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Netsai Marova et Cecilia Chimbiri, avaient disparu le 13 mai à Harare lors d'une manifestation organisée par leur formation.

Elles avaient été retrouvées deux jours plus tard grièvement blessées en bordure d'une route des faubourgs de la capitale.

Le MDC accuse, sur la foi de leurs témoignages, la police de les avoir arrêtées, frappées et torturées, ce que les forces de sécurité nient catégoriquement. 

Les trois femmes avaient été hospitalisées avec diverses blessures (plaies à la tête, fractures osseuses et anus déchiré) selon leurs examens médicaux. Elles avaient été inculpées une première fois sur leur lit d'hôpital pour avoir participé à une manifestation à Harare et s'étaient vu accorder une liberté sous caution de 1.000 dollars zimbabwéens (40 dollars).

Mais vendredi, elles ont été de nouveau arrêtées alors qu'elles se trouvaient dans les bureaux de leurs avocats.

Elles ont ensuite été inculpées de "fausses déclarations préjudiciables à l'Etat" et "ont été formellement placées en détention", a déclaré leur avocat Alec Muchadehama à la presse devant le tribunal d'Harare. 

"La police dit maintenant qu'elles ne disaient pas la vérité quand elles ont déposé plainte pour enlèvement", a-t-il ajouté, précisant que les trois femmes niaient ces accusations.

"Le juge a remis l'affaire à lundi pour entendre leur demande de libération conditionnelle", a poursuivi l'avocat.

A leur arrivée au tribunal vendredi, Netsai Marova marchait très péniblement, en s'appuyant sur une canne et au bras de la députée Joana Mamombe.

"La persécution continue", a réagi Dewa Mavhinga, directeur pour l'Afrique australe de l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW).

AFP

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