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Capture d'écran, d'une vidéo diffusée en 2012, dans laquelle apparaît Abou Zeid © Sahara medias
Capture d'écran, d'une vidéo diffusée en 2012, dans laquelle apparaît Abou Zeid © Sahara medias

Pourquoi tout ce flou sur la mort d'Abou Zeid?

Le président tchadien, Idriss Déby, déclare que les forces tchadiennes ont abattu le chef djihadiste Abou Zeid. Paris se refuse toujours à confirmer.

Le président tchadien Idriss Déby a annoncé vendredi la mort de l'Algérien Abdel Hamid Abou Zeid, l'un des principaux chefs d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) lors de combats au nord du Mali, une information qui n'a pas été confirmée à Paris. 

«Le 22 février nous avons perdu nos soldats dans le massif des Ifoghas après avoir détruit la base des djihadistes. C'est la première fois qu'il y a eu un face-à-face avec les djihadistes. Nos soldats ont abattu deux chefs jihadistes dont Abou Zeid», a déclaré le président Déby après un hommage solennel rendu à 26 soldats tchadiens morts dans ces combats.

Les Etats-Unis avaient auparavant jugé «très crédibles» les informations sur la mort d'Abdel Hamid Abou Zeid, annoncée par des médias algériens.

«Nous estimons que ces informations sont très crédibles, a déclaré un responsable américain à l'AFP sous couvert de l'anonymat. Si cela est vrai, ce serait un coup significatif porté à Aqmi», a-t-il ajouté.

Paris n'a pour l'instant pas confirmé. «Des informations circulent, je n'ai pas à les confirmer parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération», avait déclaré le 1er mars, François Hollande, qui évoquait dans un discours l'opération militaire au Mali, entrée «sans doute» dans sa dernière phase, «sûrement la plus délicate».

L'ex-otage français Pierre Camatte, enlevé fin 2009 au Mali par Aqmi, s'est dit soulagé vendredi après l'annonce d' Abou Zeid.  «C'est un soulagement de savoir que l'homme qui est responsable de mon enlèvement est hors d'état de nuire», a-t-il dit à l'AFP.

«Sa disparition et celle d'une partie de son staff montre que l'organisation a été décapitée», a ajouté Pierre Camatte, relâché en février 2010 après trois mois de captivité dans le désert malien.

Selon la chaîne de télévision privée algérienne Ennahar TV, Abou Zeid serait mort avec 40 islamistes dans le nord du Mali, tandis que trois jihadistes auraient été arrêtés par les troupes françaises.

Citant des «sources sécuritaires», le site en ligne d'Ennahar a annoncé jeudi soir que les soldats français avaient découvert les corps «de 40 terroristes dont celui d'Abou Zeid» après de violents combats près de Tigharghar, dans le sanctuaire d'Aqmi et des islamistes les plus radicaux de l'Adrar des Ifoghas, dans l'extrême nord-est malien, près de la frontière algérienne.

Responsable de nombreuses prises d'otages

Le quotidien algérien El Khabar rapporte pour sa part vendredi que des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de la famille d'Abou Zeid, afin de confirmer son identité.

«Les services de sécurité sont en train de comparer l'ADN de deux proches parents d'Abou Zeid avec des échantillons prélevés sur les restes d'un corps remis par les forces françaises» aux autorités algériennes, précise El Khabar.

De son vrai nom Mohamed Ghedir, l'Algérien Abou Zeid, 45 ans, est considéré comme l'un des chefs les plus radicaux des groupes islamistes du nord du Mali, soupçonné notamment de la prise en otage de nombreux occidentaux.

Petit et maigre, il est apparu pour la première fois en 2003 lors du spectaculaire enlèvement dans le grand sud algérien de 32 touristes européens par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d'Aqmi.

Ancien trafiquant devenu islamiste radical dans les années 1990 en Algérie, il est aussi soupçonné d'être responsable de l'enlèvement au Niger du Britannique Edwin Dyer, exécuté en juin 2009, et en septembre 2010, toujours au Niger, de cinq Français, un Malgache et un Togolais sur un site d'uranium exploité par le groupe français Areva. Quatre de ces Français sont toujours aux mains d'Aqmi et pourraient être détenus dans la zone où Abou Zeid aurait été tué.

Il aurait également participé à l'enlèvement du Français Michel Germaneau, 78 ans, dont Aqmi avait annoncé l'exécution en juillet 2010.

Quelque 1.200 soldats français épaulés par 800 Tchadiens poursuivent par ailleurs une vaste opération pour déloger les islamistes de leur réduit des Ifoghas, notamment dans une zone vaste d'environ 25 km sur 25 km au sud-est de Tessalit.

Selon l'état-major des armées françaises, une quarantaine de jihadistes y ont effectivement été "neutralisés" par les Français durant la semaine écoulée. Les islamistes entendent se battre «jusqu'au bout» et enregistrent des pertes de plus en plus lourdes, souligne-t-on.

Une cinquantaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées sur une île du fleuve Niger qui sert de refuge à des islamistes près de Gao, lors d'une opération militaire toujours en cours vendredi.

AFP

 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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