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Somalie: au moins 12 morts dans des combats dans le centre

Au moins 12 personnes ont été tuées et plus de 20 blessées vendredi dans le centre de la Somalie, lors de combats entre l'armée gouvernementale et une milice soufi opposée à l'administration régionale, a-t-on appris auprès de notables locaux.

Les combats ont éclaté jeudi soir à Dhumasareb, capitale de la région semi-autonome du Galmudug, et se sont intensifiés vendredi. Ils opposent l'armée du gouvernement fédéral à la milice soufi Ahlu Sunna Wal Jamaa (ASWJ).

Le Parlement du Galmudug avait élu début février président de la région Ahmed Abdi Kariye, un ancien ministre connu sous le surnom de Qoor-Qoor, soutenu par le gouvernement fédéral.

Le processus électoral avait été dénoncé par le chef d'ASW,  Sheikh Mohamed Shakir, qui s'était autoproclamé président. Un ancien président du Galmudug, Ahmed Duale, avait aussi revendiqué la victoire en formant son propre Parlement.

"Il y a encore quelques coups de feu et il y a des victimes des deux côtés. Nous avons reçu des informations selon lesquelles au moins 12 personnes ont été tuées, dont des civils, et plus de 20 blessées jusqu'ici", a déclaré à l'AFP par téléphone un notable local, Mohamed Moalim Adan.

"Les combats ont affecté le commerce et les déplacements dans la ville, qui est complètement bloquée", a-t-il ajouté.

"Cette ville a été paisible pendant tant d'années, mais nous nous attendions à ça" à cause du contentieux électoral, a expliqué Abukare Warsame, un autre notable.

Selon lui, le chef de l'ASWJ se trouve toujours à l'intérieur du camp où les combats ont commencé.

"Plus de 10 personnes ont été tuées, et 30 autres blessées, dont certaines ont été transportées à Mogadiscio pour y être soignées", a-t-il affirmé, fournissant un bilan légèrement inférieur à celui de M. Adan.

Les violences ont aussi gagné la ville voisine de Guriceel, où les combattants soufi ont temporairement pris le contrôle du poste de police, avant de le céder à nouveau aux forces gouvernementales.

Le groupe soufi modéré a appelé dans un communiqué le gouvernement fédéral à "cesser d'attiser la violence". L'administration régionale a répliqué en l'accusant d'avoir provoqué les tensions avec une attaque jeudi contre un poste de sécurité.

Le groupe soufi a joué un rôle majeur dans la lutte contre les islamistes radicaux shebab, soutenus par Al-Qaïda, et a contrôlé ces dix dernières années les villes principales du Galmudug.

En 2017, Sheikh Shakir avait accepté de rejoindre l'administration régionale, mais s'en était plus tard distancé en raison de désaccords avec son président.

Il avait ensuite donné son accord à une nouvelle élection soutenue par le gouvernement fédéral, avant de changer d'avis et d'accuser ce dernier de manipuler le processus pour imposer une personnalité qui lui soit fidèle.

La Somalie est plongée dans le chaos depuis la chute de l'autocrate Mohamed Siad Barré en 1991, et doit notamment faire face depuis 2007 aux insurgés shebab, qui mènent de nombreux attentats contre des cibles civiles et militaires.

AFP

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