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Guinée: l'opposition se retire du processus électoral à 3 mois de législatives


L'opposant guinéen Aboubacar Sylla lors d'un meeting à Conakry, le 26 septembre 2011 AFP/Archives Cellou Binali

Plusieurs partis de l'opposition de Guinée ont annoncé samedi à Conakry qu'ils se retiraient du processus électoral devant aboutir à des législatives prévues le 12 mai dans le pays, en dénonçant l'absence de dialogue avec le pouvoir et la commission électorale.

Aucun responsable du pouvoir n'avait pu être joint. Sollicité par l'AFP, un responsable à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a affirmé que l'organe électoral n'était "pas au courant" de cette décision de l'opposition.

"Les partis politiques de l'opposition ont décidé de se retirer du processus électoral qui doit mener le pays à des élections législatives prévues le 12 mai prochain", a déclaré à la presse l'opposant et ex-ministre Aboubacar Sylla.

Il s'exprimait au nom de trois coalitions: l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et le Club des républicains (CDR).

"Nous avons décidé de nous retirer du processus pour ne pas cautionner une mascarade électorale en cours de préparation faute de dialogue politique entre acteurs du processus. (...) Nous n'allons pas boycotter les élections, mais nous nous retirons du processus en cours d'exécution", a dit M. Sylla.

"Nous avons vu que ce processus est complètement dévoyé de sa mission, et la Céni mise en place sous l'impulsion d'un président de la République (Alpha Condé), qui n'est ni impartiale, ni neutre, est en train de violer systématiquement toutes les dispositions de la Constitution, du Code électoral et même de son propre règlement intérieur", a-t-il poursuivi, sans plus de précisions.

Le 18 février, l'opposition guinéenne avait mobilisé dans la rue des milliers de personnes, qui ont marché sans incidents majeurs à travers le pays pour exiger liberté et transparence dans les élections législatives attendues depuis 2011 et repoussées plusieurs fois avant d'être fixées au 12 mai prochain par la Céni.

Les manifestants avaient dénoncé le président Condé, élu fin 2010 et accusé par l'opposition de manque de dialogue. Ils avaient aussi fustigé l'opérateur sud-africain WayMark retenu pour la révision du fichier électoral.

Aboubacar Sylla a par ailleurs indiqué samedi que l'opposition prévoit d'organiser les 27 et 28 février de nouvelles "marches pacifiques" pour réitérer ses demandes. Elle espère ainsi "obtenir le renvoi" de WayMark "qui a démontré ses insuffisances" mais aussi faire accepter "le vote des Guinéens de l'étranger", a-t-il dit.

La date du 12 mais doit être confirmée par un décret de convocation des électeurs signé par le chef de l'Etat, 70 jours avant le jour fixé, selon les dispositions légales.

Les dernières législatives en Guinée remontent à juin 2002, sous la présidence du général Lansana Conté, décédé en décembre 2008 après 24 ans au pouvoir. C'est actuellement un Conseil national de transition (CNT, non élu) qui fait office de Parlement.