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Comment les Ivoiriens ont suivi l'audience de Gbagbo

Il n’y a
pas que le foot qui passionne les Ivoiriens. L’audience de confirmation des
charges retenues contre Laurent Gbagbo
a été suivie avec
beaucoup de passion par les populations, regroupés comme pour suivre un match de foot, explique Abidjan.net.

Le 19
février, premier jour de l’audience a été marqué par une manifestation du
Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (Cvci) contre l’ancien président. Le
collectif dirigé par Issiaka Diaby a plaidé pour que la lumière soit faite sur
les crimes commis par les forces, mercenaires et les miliciens pro-Gbagbo
durant la crise postélectorale.  «Dès l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, ses partisans armés ont fait une descente punitive contre les populations civiles identifiées à partir de leur appartenance ethnique et religieuse. En 24 heures, les forces acquises à la cause de Laurent Gbagbo ont commis les crimes les plus graves sur les populations civiles sans défense. Aujourd’hui (ndlr : le 19 février) est un grand jour pour nous les victimes. Car l’heure de la vérité a sonné et nous avons soif de son éclatement», a-t-il soutenu.Au cours de l’audience, Laurent Gbagbo a été accusé comme  «Co-auteur indirect des
crimes contre l’humanité ou subsidiairement, d’avoir contribué à la commission
de ces crimes, soit: le meurtre d’au moins 166 personnes, le viol d’au moins
34 femmes et jeunes filles et le fait d’avoir infligé à 94 personnes au moins
des atteintes graves à l’intégrité physique et de grandes souffrances ou, à
titre subsidiaire, d’avoir attenté à leur vie»
. Par conséquent, l’ancien
président ivoirien doit répondre du crime contre l’humanité de persécution pour
des motifs d’ordre politique, national, ethnique et religieux à l’encontre d’au
moins 294 victimes.

 La
défense de Laurent Gbagbo a jugé irrecevable les charges retenues contre leur
client. Ses avocats avancent que la Côte d’Ivoire mène déjà des procédures sur son sol ayant trait à
la période de la crise postélectorale et donc ne peut être considéré ni comme
incapable ni comme manquant de volonté, relève Koaci.

L’audience
de confirmation ou non des charges devrait durer huit jours. A l’issu de l’audience,
il sera décidé si le procès de Laurent Gbagbo aura lieu à la Haye ou non.

Lu sur Abidjan.net,
Koaci
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