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Des soldats français à Gao, 10 février 2013. © PASCAL GUYOT / AFP
Des soldats français à Gao, 10 février 2013. © PASCAL GUYOT / AFP

Pourquoi ça chauffe à nouveau à Gao

Attentats et affrontements entre djihadistes et soldats maliens dans le centre de Gao, la plus grande ville du nord. Ce sont les premières attaques contre une ville reprise aux mains des islamistes.

Les islamistes armés, pilonnés par des frappes aériennes françaises, chassés quasiment sans combats des villes du nord du Mali qu'ils occupaient depuis près de dix mois, multiplient depuis plusieurs jours les actions: attentats suicides, pose de mines le long des routes et désormais guérilla urbaine.

Les échanges de tirs entre soldats et islamistes ont éclaté au cœur même de la ville, près du commissariat central, qui était le siège de la police islamique quand les djihadistes occupaient Gao.

«Beaucoup d'islamistes» auraient été tués lors de ces combats, selon un officier de l'armée malienne, mais des journalistes de l'AFP sur place n'étaient pas encore en mesure de vérifier cette information.

«Des islamistes se sont retranchés dans le commissariat. Quand des soldats maliens sont arrivés, ils leur ont tiré dessus. Des renforts maliens sont arrivés, ils sont été pris à partie par des islamistes dissimulés dans les bâtiments alentours», a expliqué à l'AFP un témoin qui a assisté au déclenchement de l'attaque.

«Après des échanges de tirs nourris, l'armée française est intervenue», a-t-il ajouté, affirmant avoir vu un cadavre, «probablement un civil tué par une balle perdue».

La fusillade a vidé les rues de Gao, contraignant les habitants à se terrer dans leurs maisons.

«Des éléments du Mujao se sont infiltrés en ville et nous sommes en train de les déloger», a déclaré à l'AFP une source malienne de sécurité, en référence au Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, l'un des groupes armés qui occupait depuis des mois le nord du Mali, y multipliant les exactions.

Une autre source de sécurité a évalué à «plusieurs dizaines» le nombre d'assaillants.

En milieu d'après-midi, les tirs ont quasiment cessé autour du siège de la police islamique dans le centre de Gao, mais ils ont repris ensuite au gouvernorat, à environ 800 m plus au sud-est, vers le fleuve Niger.

Des détonations d'armes légère, de mitrailleuses lourdes et l'explosion de roquettes étaient nettement audibles depuis le centre-ville.

Des militaires français patrouillaient au côté de soldats et gendarmes maliens, très nerveux. Ils mettaient en garde les habitants contre la possible présence de tireurs embusqués, tandis qu'un hélicoptère français d'attaque Tigre survolait la zone.

«Les effectifs islamistes infiltrés en ville ont été fortement réduits, il y a beaucoup d'islamistes tués», a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Mamadou Sanake, de l'armée malienne, sans pouvoir donner de bilan plus précis.

C'est la première fois que les islamistes organisent une attaque contre une ville récemment repassée sous le contrôle des soldats maliens et français. Gao, la plus grande ville du nord malien, située à 1.200 km de Bamako, avait été reprise le 26 janvier aux groupes islamistes armés liés à al-Qaida, dont le Mujao.

Ces affrontements surviennent après un attentat suicide visant dans la nuit de samedi à dimanche un poste de contrôle à l'entrée nord de Gao, le deuxième en deux jours, alors que le Mali n'avait encore jamais été frappé par des attentats suicides.

La tête de l'auteur de l'attentat, un homme arabe ou touareg, gisait encore sur le sol dimanche matin, a constaté un journaliste de l'AFP.

Aucun militaire malien n'a été atteint dans l'explosion, selon les soldats sur place. Mais la route menant vers le nord et les villes de Bourem et Kidal a été fermée et aucun véhicule n'était autorisé à l'emprunter.

«On peut se faire tirer dessus»

Trois mines antipersonnel ont aussi été découvertes dans la zone, selon un militaire français.

L'attentat de vendredi avait été revendiqué par le Mujao, qui a promis de nouvelles actions:

«Nous nous engageons à augmenter les attaques contre la France et ses alliés. Nous demandons à la population de se tenir loin des zones militaires pour éviter les explosions», a prévenu samedi le porte-parole du Mujao, Abou Walid Sahraoui.

La sécurité du poste de contrôle avait été fortement renforcée depuis qu'un homme portant un uniforme de le gendarmerie malienne s'était fait exploser vendredi à proximité, blessant légèrement un militaire malien.

Les effectifs ont été doublés et le poste est désormais protégé par deux murs de sacs de sable séparés de 300 mètres. Les arbres alentours ont été rasés pour améliorer la visibilité et des mitrailleuses lourdes placées en batterie.

«Dès qu'on sort de plus de quelques kilomètres de Gao, c'est dangereux, on peut se faire tirer dessus», a confié à l'AFP un officier malien.

Selon des sources militaires, française et maliennes, plusieurs des villages entourant Gao sont acquis à la cause des islamistes.

Deux jeunes portant des ceintures bourrées d'explosifs ont aussi été arrêtés samedi matin à 20 kilomètres au nord de Gao.

Et des mines ont été posées sur les routes alentours: quatre civils maliens ont été tués mercredi par une mine au passage de leur véhicule entre Douentza (centre) et Gao. Le 31 janvier, deux soldats maliens avaient déjà été tués dans une explosion similaire, sur la même route.

AFP

Slate Afrique avec AFP

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