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Jonathan Pitroipa célèbre son but face au Togo en quart de finale, le 3 février 2013. REUTERS/Thomas Mukoya
Jonathan Pitroipa célèbre son but face au Togo en quart de finale, le 3 février 2013. REUTERS/Thomas Mukoya

CAN 2013: la divine surprise du Burkina Faso

Les Étalons se sont qualifiés pour la première fois en finale de la Coupe d'Afrique des nations, en battant le Ghana. Retour sur le "miracle" burkinabé.

Mise à jour du 8 février: L'arbitre de la demi-finale Burkina Faso-Ghana (1-1 a.p., 3-2 t.a.b.) de la CAN-2013 disputée le 8 février a reconnu s'être "trompé" concernant le carton rouge adressé à l'attaquant burkinabè Jonathan Pitroipa, a annoncé vendredi le président de la CAF, Issa Hayatou.

"Tout le monde s'est rendu compte que cet arbitre n'a pas bien dirigé, a dit le dirigeant lors d'un petit déjeuner de presse. On m'a informé que l'arbitre a fait une lettre pour dire qu'il s'était trompé".

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Les Etalons traversent cette Coupe d’Afrique des nations au galop. Présenté comme l’un des petits poucets à l’entame du tournoi, le Burkina Faso a depuis déjoué tous les pronostics.

C’est que la sélection nationale, aujourd’hui entraînée par le Belge Paul Put, part de loin dans la hiérarchie du football africain moderne.

Les Etalons n’ont plus tutoyé le dernier carré de la CAN depuis 1998, un tournoi où ils avaient finalement pris la quatrième place, la meilleure de l’histoire de cette équipe qui n’a jamais connu le doux parfum d’une qualification pour une Coupe du monde.

Bref, avec sa 92e place au classement FIFA (au 17 janvier 2013), les coéquipiers de Charles Kaboré, capitaine de la sélection, n’effrayaient pas grand-monde avant cette 29e édition de la CAN, en terre sud-africaine. Surtout pas la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Nigeria, légitimes favoris de la compétition.

Un premier tour parfaitement négocié

Mais le Burkina Faso ne partait pas de zéro. Déjà qualifié lors des deux dernières éditions, le onze de Ouagadougou avait pris ses marques en phase de poule, même si la barre était trop haute alors.

«A toutes les CAN (en 2010 et 2012, Ndlr), on avait un bon groupe et on faisait des bons matches. Il nous manquait ce petit truc pour franchir le cap», explique Jonathan Pitroipa, attaquant de la sélection et pièce maîtresse du Stade rennais en Ligue 1.

Et après deux échecs, le Burkina Faso a enfin franchi l’obstacle.

«On a pris conscience qu'il fallait quand même réaliser quelque chose tous ensemble. Il y a eu beaucoup de changements aussi au niveau de l'organisation, parce qu'on a toujours eu ce genre de problèmes dans l'équipe. Dans cette CAN, on a vu que tout était bien organisé pour nous, on était presque satisfait, et ça permet d'être plus concentré pour les matches», poursuit Pitroipa.

«La légion française»

Comme l’attaquant du Stade rennais, buteur décisif face au Togo au cœur des prolongations d’un match indécis (1-0), beaucoup de joueurs du Burkina évoluent en Ligue 1 en France.

Dans ce championnat tactique et exigeant, la «légion française» (Pitroipa, Kaboré, Alain Traoré, Bakary Koné, Djakaridja Koné) a beaucoup appris et permis aux Etalons de changer de dimension.

Sans grande star, Paul Put a réussi à construire un collectif solide, difficile à manœuvrer. Bâtie autour de Bakary Koné, le joueur de l’Olympique lyonnais, la défense est un gage de fiabilité.

Devant Alain Traoré, qui réussit une saison de feu avec Lorient en Ligue 1 est un redoutable finisseur. Mais sa blessure lors de la phase de poule a jeté une ombre. Même si Pitroipa a pris avec succès le relais pour le moment

Ainsi, dans un groupe C relevé, avec l’inusable Nigeria (sept fois demi-finaliste sur les huit dernières éditions) et la Zambie tenante du titre, les joueurs de Paul Put ont tiré leur épingle du jeu en accrochant la première place, tout en finissant invaincu.

Solide face aux Super Eagles de Lagos (1-1), les Burkinabè ont tenu le choc face à la Zambie (0-0) lors de la dernière rencontre de la poule qui valait son pesant d’or —une qualification en quarts. Entretemps, la bande de Ouagadougou avait écrasé l’Ethiopie (4-0), pour ce qui reste le plus gros score enregistré lors de cette CAN.

«Pas de limites»

La suite de l’aventure s’annonce pourtant ardue. Pour gagner le droit de disputer la première finale de son histoire, le Burkina Faso devra écarter mercredi 6 février le Ghana en demi-finales, l’un des favoris de la compétition qui a déjà inscrit à quatre reprises son nom au palmarès de la CAN.

«On ne se fixe pas de limites, mais on ne se met pas la pression, on se dit que si on est arrivé en demi-finale, c'est qu'on est un bon groupe (…) Mais rien n'est encore fait. On aimerait bien écrire l'histoire, il ne faut pas que ça s'arrête en demi-finale», ambitionne Jonathan Pitroipa, désormais leader offensif de cette équipe en l’absence d’Alain Traoré, blessé face à la Zambie.

«On doit garder les pieds sur terre», enjoint quant à lui le sélectionneur Paul Put.

Tel un pur-sang lors d’une course d’obstacles, les Etalons devront pourtant décoller pour franchir l’obstacle ghanéen, imposant, qui s’offre à eux.

Camille Belsoeur

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Camille Belsœur

Journaliste français.

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