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RDC: le M23 juge le rapport des experts de l'ONU "cruellement partial"


Le dirigeant politique du M23, Jean-Marie Runiga, le 27 novembre 2012 à Goma AFP/Archives Phil Moore

La rébellion Mouvement du 23 mars (M23), active dans l'Est de la République démocratique du Congo, a rejeté comme "cruellement partial" le rapport d'experts de l'ONU l'accusant de graves exactions et a appelé l'ONU à revoir ses sanctions.

L'armée combat le M23 depuis mai dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Un rapport des experts de l'ONU publié fin 2012 accuse le Rwanda et l'Ouganda voisins - qui réfutent - de soutenir les rebelles. L'ONU impute aussi au M23 de graves exactions (viols, assassinats, recrutement forcé...).

Ces experts nourrissent une "haine viscérale contre le M23", explique dans un rapport publié mercredi le dirigeant politique du M23, Jean-Marie Runiga. Leur rapport "nous parait cruellement partial et peu professionnel car, il contient des éléments incompatibles et incohérents", ajoute-t-il.

Il accuse les experts d'avoir spécifiquement cherché à blâmer le M23 en relayant des informations "non seulement infondées, mais aussi non vérifiées". "Il est grand temps qu'ils commencent à descendre sur terrain (...) en vue d'y mener une enquête réelle et objective", affirme Jean-Marie Runiga.

Dans le même document, le M23 conteste le rapport de l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW) qui l'accusait mi-septembre de "crimes de guerre commis à grande échelle, y compris d'exécutions sommaires, de viols et des recrutements de force".

"Le M23 juge +politisés+ et +erronés+ les rapports de HRW et des experts de l'ONU. Leurs enquêteurs ne sont pas neutres et leur travail, de manière générale, est entaché de plusieurs escobarderies", a dénoncé Jean-Marie Runiga.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a gelé les avoirs et interdit de voyage les responsables du M23 , dont Jean-Marie Runiga et le général Sultani Makenga, chef militaire du mouvement.

M. Runiga appelle le secrétaire général de l'ONU, Ban ki-Moon, à "rejeter purement et simplement les requêtes de l'ONG Human Rights Watch et celles des experts de Nations unies, de reconsidérer toutes les décisions prises" contre le M23.

Jugeant que l'ONU a été manipulée par le rapport des experts et de HRW, il propose également à Ban ki-Moon de "diligenter, enfin, une nouvelle enquête à l'Est de la RDC, conduite par des personnalités d'une intégrité morale et intellectuelle salubre".