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Rassemblement massif

Une foule importante défile à Alger pour un 46e vendredi de manifestations, au lendemain de la formation du gouvernement du nouveau président algérien Abdelmadjid Tebboune et d'une vague de libérations surprises de contestataires détenus, selon un journaliste de l'AFP.

Impossible à évaluer précisément en l'absence de comptage officiel, la mobilisation est, selon ce journaliste, plus importante que les deux vendredis précédents lors desquels elle avait semblé marquer le pas, après l'entrée en fonction du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, élu le 12 décembre lors d'une présidentielle à laquelle s'opposait farouchement la contestation.

Le cortège s'est ébranlé en début d'après-midi et des groupes importants de manifestants continuent de converger de divers quartiers vers le coeur de la capitale, épicentre du "Hirak", le mouvement populaire de contestation du régime né le 22 février.

"Notre marche est pacifique, nos revendications sont légitimes", scandent les manifestants, qui continuent de réclamer "une période de transition" afin de démanteler le système au pouvoir en Algérie depuis son indépendance en 1962.

Plusieurs personnes sorties de prison jeudi à la faveur d'une vague de libérations surprises ordonnées par les tribunaux à travers le pays étaient présentes dans le cortège algérois, selon des images publiées sur les réseaux sociaux. 

Selon la télévision nationale, 76 personnes emprisonnées dans le cadre du "Hirak" --en attente de procès ou déjà condamnées-- ont été remises en liberté jeudi, majoritairement à Alger.

Réclamée en vain depuis des mois par le "Hirak", cette mesure --perçue comme un geste d'apaisement-- a précédé l'annonce dans la soirée du premier gouvernement du nouveau président, deux semaines jour pour jour après son entrée en fonctions.

M. Tebboune a été élu sur fond d'abstention record, lors d'un scrutin dénoncé par la contestation comme une manoeuvre du "système" au pouvoir pour se régénérer. 

Tout comme la libération des détenus, l'annonce de la composition du gouvernement --loin du renouvellement de génération annoncé-- n'a pas entamé la détermination des manifestants.

"On n'accepte pas ce gouvernement, il est illégitime comme le président qui l'a nommé, c'est un prolongement de l'ère (du président déchu Abdelaziz) Bouteflika", contraint par le "Hirak" à la démission en avril, s'insurge Mohand Areazki, 55 ans, dans le cortège algérois.

Narimene, 27 ans, espérait "un gouvernement de jeunes, comme promis par le président". "Et voilà que nous retrouvons des anciennes figures du +système+ (...) On prend les mêmes et on recommence: pas de changement, le Hirak continue", affirme-t-elle.

Plus d'un tiers (11) des 28 ministres de plein exercice du nouveau gouvernement appartenaient à l'équipe sortante, nommée par le président Abdelaziz Bouteflika le 31 mars, deux jours avant sa démission, ou ont déjà été ministres durant ses 20 ans de présidence.

"Il y a des signaux favorables comme la libération des détenus, bien qu'ils n'auraient jamais dû être en prison", admet Aymen, 37 ans. "Et quelques membres du gouvernement sont vraiment bien" comme le ministre de l'Industrie Ferhat Aït Ali Braham, un économiste qui a "critiqué les politiques de Bouteflika", ajoute-t-il.

"Mais le Hirak doit continuer à faire pression pour arriver à changer le système", poursuit-il.

AFP

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