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Les shebab, des islamistes somaliens liés

Les shebab, littéralement "les jeunes" en arabe, sont à la tête d'une insurrection armée en Somalie, pays plongé dans le chaos depuis 1991 et dont la capitale, Mogadiscio, a de nouveau été endeuillée samedi par un attentat meurtrier.

Cette attaque à la voiture piégée dans un quartier animé de la capitale, qui a fait des dizaines de morts, n'a pour l'heure pas été revendiquée.

- Des islamistes liés à Al-Qaïda -

Les shebab sont issus d'une branche des Tribunaux islamiques qui ont contrôlé pendant six mois en 2006 le centre et le sud de la Somalie, dont la capitale Mogadiscio, avant d'en être délogés par des troupes éthiopiennes.

En 2010, ils ont proclamé leur allégeance à Al-Qaïda, organisation à laquelle ils ont été officiellement intégrés en 2012. Une infime minorité d'entre eux a récemment fait défection au profit du groupe Etat islamique (EI). 

Leurs effectifs sont estimés entre 5.000 et 9.000 hommes. Depuis la mort en septembre 2014 d'Ahmed Abdi Godane, tué dans une frappe américaine, leur chef est Ahmed Umar Dirieh, dit "Abou Oubaïda".

Depuis qu'ils ont été chassés en août 2011 de Mogadiscio par les 22.000 hommes de la Force de l'Union africaine (Amisom, déployée depuis 2007 en Somalie), les shebab ont dû abandonner progressivement l'essentiel de leurs bastions. 

Ils continuent toutefois de contrôler de vastes zones rurales et restent la principale menace pour la paix en Somalie, privilégiant désormais opérations de guérilla et attentats-suicides. Le 14 octobre 2017, un attentat au camion piégé fait plus de 500 morts dans un quartier animé de Mogadiscio. C'est la pire attaque de l'histoire du pays.

Les shebab ont montré un regain d'activité depuis début 2016 et le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, élu en février 2017, a déclaré "l'état de guerre" contre eux.

De leur côté, les shebab ont menacé de mener une guerre "sans merci" au président, jurant la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

En mars 2017, le président américain Donald Trump a autorisé le Pentagone à lancer des opérations antiterroristes pour soutenir le gouvernement somalien. Les forces américaines ont depuis mené de nombreuses frappes aériennes contre les shebab. Le 12 octobre 2018, une de ces frappes tue "approximativement 60 terroristes", selon l'armée américaine.

- Le Kenya, cible des shebab - 

Les shebab ont multiplié les attaques au Kenya voisin depuis l'intervention de troupes kényanes en Somalie en 2011.

Les 15 et 16 janvier 2019, un commando shebab sème la terreur dans un complexe hôtelier de Nairobi, tuant 21 personnes, en représailles au transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

L'attaque la plus meurtrière remonte au 2 avril 2015: un commando shebab prend d'assaut à l'aube l'université de Garissa (est), faisant 148 morts dont 142 étudiants, pour certains tués de sang-froid. Il s'agit de l'attaque la plus sanglante au Kenya depuis l'attentat-suicide d'Al-Qaïda en août 1998 contre l'ambassade américaine à Nairobi (213 morts).

En septembre 2013, les shebab avaient revendiqué l'assaut spectaculaire contre le centre commercial Westgate à Nairobi qui a fait 67 morts en quatre jours de siège.

- D'autres pays également visés -

Les shebab ont revendiqué en 2010 un double attentat à Kampala, capitale de l'Ouganda, le principal pays contributeur de l'Amisom. Le 11 juillet, deux kamikazes déclenchent leurs explosifs dans deux restaurants de Kampala qui retransmettaient la finale de la Coupe du monde de football, faisant 76 morts et plus de 80 blessés. Il s'agissait de la première action d'envergure des shebab hors de leurs frontières.

Le 24 mai 2014, les shebab ont revendiqué leur premier attentat à Djibouti contre un restaurant de la capitale fréquenté par des Occidentaux, notamment des militaires, le pays abritant des bases française et américaine.

Ils ont dit avoir visé "la coalition croisée occidentale basée à Djibouti" et appelé les autorités djiboutiennes à retirer leurs soldats déployés au sein de l'Amisom.

AFP

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