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Ces dangereuses «techniques» d'avortement propagées par Internet

Le journal kenyan The Daily Nation est allé à la rencontre d’une jeune enseignante rescapée d’un avortement «maison». L'histoire révèle une dangereuse tendance au Kenya: glaner sur Internet des techniques d'avortement.

Tombée dans les bras d’un homme marié peu de temps après la mort de son propre époux, «teacher Janeth» se retrouve enceinte. De peur d’être rejetée par ses proches, elle prend la décision d’avorter.

Au même moment, les médias kényans rapportent frénétiquement que l’avortement en «ligne» est à la mode. La phrase la plus cherchée des moteurs de recherche, disent-il, est ni plus ni moins que «comment avorter».

Janeth se lance dans sa propre course à l’avortement. «Comment avorter à la maison» ou «comment avorter à deux mois de grossesse» sont les phrases qu’elle se met à chercher sur Internet.

Et ce qu’elle trouve ferait frémir n’importe quel médecin. Sur un site, on lui conseille de se procurer deux médicaments, notamment un traitement contre les ulcères et brûlures de l’estomac. En les combinant, apprend-t-elle, le foetus devrait être expulsé en toute sécurité.

Janeth sort du monde virtuel pour entrer dans le monde réel et s’embarque dans une procédure qui aurait pu lui être fatale.

Elle se procure les médicaments conseillés, dépose sa fille dans son village familial, se prépare à effectuer elle-même une intervention extrêmement risquée.

Avant de passer à la dernière étape, «elle fait une dernière recherche Internet pour être certaine de faire la bonne chose». Puis elle avale sa première tablette, suivie d’une deuxième six heures après.

La douleur devient vite insupportable. Janeth est seule dans sa chambre et vit un enfer.

«Je me suis mise à crier, et entendre quelqu’un frapper à la porte. J’étais étendue au sol, suant et saignant à profusion. Je ne pouvais même pas me déplacer pour aller ouvrir la porte», se souvient-elle.

Elle est transportée d’urgence à l’hôpital et doit acheter le silence d’un de ses voisins qui menace de révéler publiquement son avortement. 

L'histoire de Janeth se finit plutôt bien —la jeune femme peut aujourd'hui témoigner de son calvaire. Son récit devrait inciter les autorités kényanes à aider et accompagner les femmes désirant se faire avorter. 

Lu sur Daily Nation

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