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Supporters de l'équipe de foot Al Ahly au Caire le 26 janvier 2013.  REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Supporters de l'équipe de foot Al Ahly au Caire le 26 janvier 2013. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Port-Saïd: un verdict sous haute tension

La justice égyptienne condamne 21 personnes à mort dans le procès du drame du stade de Port-Saïd.

Un verdict hautement symbolique au lendemain de l'anniversaire de la révolution marqué par des affrontements violents. Vingt et un Egyptiens ont été condamnés à mort dans le procès des violences ayant suivi un match de football en février 2012 à Port-Saïd (nord-est).

Mais le verdict tant attendu ne dissipe pas les crispations. Des heurts violents ont éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre autour du tribunal. Après le verdict rendu public le 26 janvier, un policier a été tué par balles, selon une source sécuritaire. Des proches des condamnés ont également tenté d'envahir la prison où ces derniers sont détenus, raconte la télévision d'Etat. Selon le dernier bilan, 30 personnes ont été tués et 300 blessés au cours des accrochages.

Et le bilan devrait s'alourdir. Les heurts se sont poursuivis à Port-Saïd dans la matinée du 27 janvier lors des funérailles des manifestants tués la veille. Selon le site d'information Daily News Egypt, une centaine de manifestants ont été blessés.

La correspondante d'al-Jazeera Rawya Rageh décrit une atmosphère tendue pendant l'enterrement. Des milliers de personnes scandaient des slogans anti-gouvernementaux.

Un drame imputé au pouvoir

Au Caire, le verdict a en revanche été accueilli par les cris de joie et les youyous des membres des familles des victimes présents dans la salle d'audience.

Le 1er février 2012, 74 personnes étaient mortes à Port-Saïd après un match entre le club cairote d'Al-Ahly et une équipe locale, Al-Masry. Plus de 70 personnes, dont neuf policiers, étaient jugées pour leur responsabilité présumée dans ces violences.

 

Depuis près d'un an, les proches des familles et les supporters de l'équipe d'Al-Ahly réclament que justice soit rendue.Des centaines d'"Ultras" d'Al-Ahly, des supporteurs fervents et organisés, se sont rassemblés devant leur club au Caire.

A l'époque, le drame avait été imputé au Conseil suprême des forces armées au pouvoir, ainsi qu'aux forces de police.  

« Les forces de sécurité nous ont lachés, ils ne nous ont pas protégés. Un supporter vient de mourir dans le vestiaire, en face de moi », avait confié le meneur de jeu Mohammed Abou Treika.

Sur une vidéo filmée ce jour là, on peut voir les joueurs et le personnel technique courir en direction des vestiaires, alors que les supporters font leur entrée en masse sur la pelouse.

Très vite, des milliers de spectateurs enjambent les barrières et envahissent le terrain. Une foule compacte prend possession de la pelouse, chasse ceux qu’ils sont venus supporter et tabasse les supporters de l’équipe adverse. 

Slate Afrique avec AFP

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Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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