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Algérie: les étudiants manifestent malgré le décès du général Gaid Salah

Un millier de personnes, étudiants et citoyens, manifestent à nouveau mardi à Alger contre le régime, malgré le deuil national décrété au lendemain du décès du puissant général Ahmed Gaïd Salah, considéré comme le "gardien" du système dont la contestation veut se débarrasser.

Les étudiants ont maintenu leur manifestation hebdomadaire -la 44e consécutive- malgré le deuil national de trois jours décrété à la suite du décès soudain du chef d'état-major de l'armée. En dépit, également, de la réprobation de certains badauds sur les trottoirs qui, au passage du cortège, ont estimé "honteux de ne pas respecter" ce "deuil", selon une journaliste de l'AFP.

En revanche, aucun slogan ou pancarte ne vise directement le défunt, pourtant habituellement conspué depuis plusieurs mois dans les manifestations du "Hirak", le puissant mouvement populaire de contestation qui agite l'Algérie depuis le 22 février.

Chef d'état-major depuis 2004 de l'armée algérienne, institution au coeur du pouvoir en Algérie, le général Gaïd Salah est décédé lundi matin à 79 ans, d'une crise cardiaque.

Après avoir arraché en avril la démission du président Abdelaziz Bouteflika, dans l'espoir de calmer le "Hirak", le général Gaïd Salah avait exercé de fait ouvertement le pouvoir. Il avait rapidement balayé catégoriquement les revendications des manifestants, tout en accentuant la répression de la contestation à coups d'arrestations et d'incarcérations.

Comme l'ont répété, avec les mêmes mots, plusieurs étudiants à l'AFP: "la mort de Gaïd Salah ne change rien" pour le "Hirak".

"Nous ne sommes pas contre une personne, mais contre un système", a expliqué Kahina, 22 ans, étudiante en biologie.

Toutefois, "nous avons convenu qu'il n'y aurait pas de slogans ou de pancartes anti-Gaïd par respect pour les morts", a-t-elle ajouté.

Imene, étudiante de 20 ans, souligne, elle aussi, que les revendications des étudiants ne sont pas contre lui (Gaïd Salah) mais contre le système en place. "Lui est entré les mains de Dieu, maintenant".

Les slogans continuent néanmoins de viser le haut commandement militaire, structure opaque qui dirige de façon plus ou moins ouverte, selon les périodes, l'Algérie depuis son indépendance en 1962.

"Un Etat civil et non militaire", "Les généraux à la poubelle et l'Algérie aura son indépendance", "On continuera pacifiquement et on enlèvera les militaires d'El Mouradia", siège de la présidence algérienne, ont scandé les manifestants.

AFP

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