SlateAfrique

mis à jour le

Ouganda - Y en a marre des faux médicaments, vive les guérisseurs

Les faux médicaments déversés sur le continent africain ont modifié les habitudes en matière de soins, nous dit le Washington Post, mettant à mal la confiance placée par nombre d'Africains dans la médecine occidentale.

A Kampala, capitale de l’Ouganda, le risque d'absorption de faux médicaments et devenu trop grand. Faute d'accès à des traitements efficaces, les Ougandais se tournent en masse vers des guérisseurs.

«La population est au courant de la prépondérance des faux médicaments sur le marché national, ils retournent donc aux vieilles méthodes auxquelles ils font plus confiance», explique le quotidien américain.

Misambwa, un guérisseur chargé par le gouvernement ougandais de rapporter aux autorités les cas d’empoisonnement aux médicaments frelatés, explique que ses clients le consultent souvent après avoir absorbé un ou plusieurs faux médicaments.

L’origine des médicaments frelatés est difficile à établir. La Chine est toutefois suspectée de produire une majorité de ces médicaments factices.

Une fois débarqués sur les marchés du Nigeria, de la Tanzanie ou de l’Ouganda, ces traitements sont difficilement identifiables. Il faut dire que leur emballage est parfois plus sophistiqué que celui des vrais médicaments, souligne l’hebdomadaire The East African Business Week.

Un médicament frelaté peut tuer, s'alarment les études scientifiques. Et ces traitements se répandent à toute vitesse. The Lancet Medical Journal rapporte ainsi qu'une tablette contre le paludisme sur trois dans le monde est factice ou de qualité douteuse.

Selon Kate Kikule, la directrice des Services d’inspection des médicaments en Ouganda, citée par East African Business Week, 20 à 30% des médicaments distribués en Ouganda sont faux.

Dispensaires pas toujours accessibles, queues bien trop longues, prix des grandes marques de médicaments contre le paludisme trop élevé: autant de facteurs incitant les Ougandais à se fournir dans des magasins de quartier, à leurs risques et périls.

Lu sur The East African Business Week et Washington Post

A lire aussi

La Chine, laboratoire des faux médicaments en Afrique?

Paludisme: deux fois plus de morts qu'annoncé

L'Afrique malade du trafic de faux médicaments