SlateAfrique

mis à jour le

Ces migrants africains bloqués sur la péninsule arabique

Samuel Aranda photographie depuis dix ans les voyages des migrants africains partis sur les routes en direction de l’Europe.

Plus récemment, il s’est intéressé à ceux —des Ethiopiens et des Somaliens pour la plupart— qui transitent par le Yémen, en attente d’un passeur qui leur permettra de poser leurs bagages en Arabie saoudite, mais aussi au Qatar ou à Dubai, où ils peuvent trouver du travail sur les chantiers de construction.

Sa découverte des Africains du Yémen se fit lors d’un reportage pour le compte du New York Times. Intéressé par leur sort, il veut alors entrer dans les camps où ils vivent. L’accès est quasiment impossible. 

Au Yemen, explique le photographe, les migrants sont bien accueillis. Ils bénéficient du statut de réfugiés dès qu’ils sont sur le territoire.

«Ils peuvent vivre tranquillement sans être persécutés par la police, au contraire de l’Espagne» analyse le photographe.

Mais malgré l’hospitalité yéménite, la vie dans les camps situés à la frontière avec l’Arabie saoudite ressemble à de la prison.

Lors d’un deuxième voyage, le photographe peut enfin se rendre dans les camps. Il livre ses impressions au New York Times:

 «C’était fou, les gens étaient bloqués. Ils n’avaient plus d’argent pour retourner en Somalie. Ils n’avaient pas de passeport, ils ne pouvaient pas s’approcher des grillages autour du qui sont surveillés».

Les migrants qui tentent de passer la frontière illégalement sont souvent victimes des passeurs, qui les dépouillent. Quant à ceux trop âgés ou trop faibles pour passer la frontière, il ne leur reste qu’à attendre que la vie passe, sur leur bout de terre entre l'Afrique et la péninsule arabique. 

Capture écran du portfolio de Samuel Aranda sur le site du New York Times

Lu sur The New York Times

A lire aussi

Mogadiscio: l'espoir d'une renaissance

Pourquoi les Somaliens du Royaume-Uni sont sous pression