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A Tombouctou, les djihadistes interdisaient même les fous rires

Après une difficile épreuve, les langues se délient. Les réfugiés maliens rejoignent les camps installés dans les pays limitrophes et racontent ce qu’ils ont vécu au pays.  

A la suite de l’offensive française, une nouvelle vague de réfugiés a frappé aux portes de la Mauritanie.

«Les nouveaux réfugiés livrent des récits saisissants d’événements symboliques survenus dans leur ville, totalement transformée, depuis qu’elle est passée sous le contrôle des salafistes d’AQMI (al-Qaida au Maghreb islamique, majoritairement algérien, Ndlr) et d’Ansar Dine (majoritairement formé de Touaregs maliens, Ndlr))», décrit le correspondant de La Libre Belgique.

Ils disent avoir vécu sous la houlette d’une justice islamique et d’une police des mœurs intransigeante avec ce qu’ils appellent les préceptes de l’islam.

«Certains étaient arrêtés pour vol, d’autres pour une simple conversation téléphonique avec une femme; parfois pour avoir écouté de la musique, totalement interdite. On pouvait aussi t’arrêter pour un fou rire!», explique Mohamed Ahmad Ag Mohamed Ali.

Ce Touareg de 38 ans a réussi à s’enfuir de Tombouctou pendant les frappes aériennes contre Konna.

Mohammed dit avoir été mis en prison… pour avoir été surpris avec une femme.  

«J’ai été arrêté simplement parce que j’étais chez une amie! Nous avons été soupçonnés d’entretenir une liaison. Elle a reçu cent coups de fouet, tandis que j’ai été enfermé en prison.»

Mohammed raconte même avoir été témoin du viol d’une femme par un salafiste, alors que les bombes des françaises pleuvaient sur la ville de Konna.

«J’ai entendu cette dame crier pendant que je m’échappais avec quatre autres prisonniers ! C’était terrible pour moi.»

Lu sur La Libre Belgique

 

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