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Mali - L'armée française veut-elle la tête du soldat français masqué?

Sur une photographie prise par le photographe de l'AFP Issouf Sanogo, un soldat français combattant à Niono, dans le centre du Mali, se tient droit, le visage recouvert d’un foulard au motif de tête de mort.

Au Mali, où continue de se jouer l'intervention contre les islamistes lancée le 11 janvier, la photographie du soldat français masqué est passée inaperçu.

En France en revanche, l’image, qui fait le tour d'Internet depuis maintenant deux jours, a provoqué la consternation. Et la Toile a été envahie de commentaires et diverses interprétations.

Les internautes sont même partis à la recherche du type de masque porté par le soldat français. Et ce qu'ils ont trouvé est loin du film d'horreur. S'il représente bien le personnage "Ghost" du jeu vidéo de guerre Call of Duty, le masque ne serait en fait qu'un simple foulard utilisé par les motards pour se protéger.

 Capture écran d'un site proposant des foulards "tête de mort" pour motards 

En outre, "l’histoire derrière cette image est beaucoup plus banale que ce qu’on pourrait croire"  révèle le blog de l'AFP Making-of, sur lequel le photographe Issouf Sanogo fait un récit inédit de la prise de vue.

«Un hélicoptère était en train d’atterrir et soulevait d’énormes nuages de poussière. Instinctivement, tous les soldats à proximité ont mis leurs foulards devant leurs visages pour éviter d’avaler du sable, témoigne le photographe. 

C’était le soir. Les rayons de soleil filtraient à travers les arbres et les nuages soulevés par l’hélico. C’était une belle lumière. J’ai repéré ce soldat qui portait un drôle de foulard et j’ai pris la photo. Sur le moment je n’ai pas trouvé la scène particulièrement extraordinaire, ni choquante. Le soldat ne posait pas. Il n’y a aucune mise en scène dans cette image».

L'affaire, qui n'en est finalement pas une, avait même fait réagir l'armée française. Il s’agissait d'un cas inacceptable mais isolé, expliquait ainsi plus tôt dans la journée du 22 janvier Thierry Burkhard, le porte-parole de l’état-major français. 

L'armée française avait annoncé l'ouverture d'une enquête, le 22 janvier 2013. Elle se disait également déterminée à découvrir l’identité du soldat posant sur la photographie. On imagine mal comment l'armée pourrait, après le récit du photographe, sanctionner un soldat pour avoir voulu se protéger de la poussière...

Lu sur Blog AFP Making-of

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