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Qu'importe le Brexit: les aviateurs britanniques "main dans la main" avec les Français au Sahel

Assis ensemble dans le cockpit d'un hélicoptère lourd sur le tarmac brûlant de Gao, au Mali: en visite conjointe au Sahel, les chef d'état-major des armées de l'Air britannique et française ont affiché leur volonté de continuer à travailler "épaule contre épaule", malgré l'imminence du Brexit.

"Nous avons une longue et riche histoire de travail côte à côte et je ne m'attends pas à ce que cela change de sitôt. Au contraire, nous allons travailler plus intensément ensemble", a affirmé à l'AFP le général Mike Wigston, accueilli dimanche avec son homologue français Philippe Lavigne au son de la cornemuse sur la base de Gao par la centaine d'aviateurs britanniques engagés dans l'opération antijihadiste française Barkhane.

Un message martelé avec force par les deux hauts gradés tout au long d'un déplacement au Mali, au Niger et au Tchad, à l'initiative du général français.

"Le Royaume-Uni reconnaît que le Sahel est actuellement la ligne de front de l'instabilité. Notre présence vise à sécuriser le Sahel mais aussi à protéger l'Europe", fait valoir le général Wigston, ancien pilote de chasse récemment nommé à la tête de la Royal Air Force (RAF), avant d'entamer la visite des quartiers de ses hommes en tenue de camouflage verte frappée de l'Union Jack.

Depuis juillet 2018, leurs trois hélicoptères lourds CH-47 "Chinook" fournissent une aide précieuse aux troupes françaises sur l'immense et abrasif théâtre sahélien: en près de 18 mois, les appareils de deux rotors ont volé plus de 1.600 heures pour transporter quelque 11.000 personnels et 800 tonnes de fret.

"Cette capacité nous permet de nous consacrer à des missions d'aérocombat pendant que nos camarades britanniques assurent logistique, ravitaillement et transport de troupes", souligne le colonel français Loïc, commandant du groupe d'aérocombat de Barkhane au Mali. Les Chinook ont également répondu présent fin novembre pour aider Barkhane à intervenir sur le site de la collision de deux hélicoptères, dans laquelle 13 militaires français ont perdu la vie. 

- "apport vital" -

Sans les moyens britanniques, "nous serions obligés d'attribuer d'autres hélicoptères ou de revenir à des convois routiers plus lents, forcément plus risqués" en raison des mines artisanales (IED). Pour nous, ce serait un réel plus si cette capacité restait au-delà de l'été 2020", date butoir du déploiement britannique, espère le colonel.

"Nous faisons une vraie différence ici et je suis heureux d'entendre à quel point cet apport est vital pour Barkhane. Je transmettrai le message aux autorités à Londres", assure le général Wigston tout en rappelant le caractère politique de cette décision, qui devra sans doute attendre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, fixée fin janvier par le Premier ministre Boris Johnson.

En réponse à la dégradation sécuritaire croissante au Sahel, Londres a d'ores et déjà pris d'autres engagements dans la région en annonçant en juillet le déploiement de 250 militaires pour trois ans à partir de 2020 dans le cadre de la mission de paix de l'ONU au Mali (Minusma).

Reste à savoir si cette contribution à la Minusma sera compatible avec le maintien en parallèle de capacités au profit de Barkhane, s'interroge-t-on côté britannique.

Si le maintien des Chinook au Mali au profit de l'opération Barkhane reste encore incertain au-delà de l'été, le général français Philippe Lavigne se veut serein quant à l'avenir plus global des liens militaires franco-britanniques, renforcés depuis les accords de Lancaster House, il y a bientôt dix ans.

"Avec ou sans Brexit, ça va continuer. Nos armées de l'Air sont très semblables, ont les mêmes capacités, les mêmes niveaux opérationnels et nous continuerons demain à oeuvrer ensemble pour la sécurité", confie-t-il, en rappelant les multiples coopérations sur les théâtres d'opérations au cours des 30 dernières années, "que ce soit l'opération Hamilton (en Syrie en avril 2018, ndr), au Levant ou au sein de Barkhane".

Devant un hangar couleur sable voisin, une équipe de mécaniciens s'affairent autour d'un hélicoptère, nouveau venu à Gao: un détachement danois a commencé à se déployer depuis début décembre, pour fournir d'ici janvier aux Français deux appareils Merlin de transport lourd. Un coup de main bienvenu si jamais les Britanniques devaient finalement plier bagage.

AFP

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