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Mohamed Morsi, le dirigeant égyptien le plus autoritaire du siècle

En 200 jours, le président Mohammed Morsi a poursuivi plus d’Egyptiens que son prédécesseur Hosni Moubarak en 30 ans de règne.

Depuis l’investiture de Mohammed Morsi, on observe quatre fois plus de poursuites pour «insulte au président», fait remarquer Gamal Eid, l’avocat et directeur du Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme (ANHRI).

L’avocat va plus loin: le nombre de poursuites serait plus important que celui de la période qui remonte de 1909 —date à laquelle la loi a été introduite («insulte au roi» à l’époque)— à l'arrivée de Morsi.

Une procédure qui viserait à intimider les figures de l’opposition dans les médias, poursuit le quotidien en ligne Al-Ahram.

Début 2013, des avocats islamistes ont lancé une poursuite contre le célèbre présentateur satirique Bassem Youssef. On lui reprochait d’avoir «saper la réputation du président» lors de son émission hebdomadaire intitulée «Bernamej: le programme». Mais les accusations ont été retirées avant que l'affaire n'atteigne les tribunaux. 

Ce n’est ni le premier ni le dernier journaliste à être menacé de la sorte par la justice. En décembre 2012, le bureau du président a traîné le psychiatre Manal Omar et l’animateur de télévision Mahmoud Saad devant les tribunaux. Le principal grief: avoir insulté le président lors ​​du programme télévisé Akhir Al-Nahar.

Un rapport intitulé «le crime d'insulte au président, un crime d’un régime autoritaire» (PDF, en arabe) publié le 21 janvier répertorie toutes les affaires pour «insultes au président» depuis l’arrivée au pouvoir de Gamal Abdel Nasser.

La dernière personne à être accusée d'insulte au président est Fahmy Gamal, journaliste du quotidien indépendant Tahrir en janvier 2013.

Lu sur Al AhramOnline

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