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Manifestation anti-élection

Plusieurs milliers de personnes manifestent contre l'élection présidentielle dans le centre d'Alger mercredi, à moins de 24 heures d'un scrutin massivement rejeté par la rue, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le "Hirak", "mouvement" populaire de contestation du régime né le 22 février, exige le démantèlement total du "système" politique en place depuis l'indépendance de l'Algérie (1962) et refuse un scrutin perçu comme une manoeuvre devant lui permettre de se régénérer.

En début d'après-midi, les manifestants ont forcé le cordon de police et se sont rassemblés devant la Grande Poste, haut lieu de la contestation dans la capitale, en scandant "On ramènera la liberté", "Pas de marche arrière" ou encore " Demain, inchallah, c'est soit nous, soit vous!".

La police, qui quadrille le centre de la capitale algérienne, a procédé à une vingtaine d'arrestations, après avoir tenté de repousser, parfois à coups de matraque, les manifestants, mais ces derniers refusaient toujours de quitter la rue à 14H00 GMT, selon la journaliste de l'AFP.

Ils promettent même de rester toute la nuit devant le bâtiment de la Grande Poste, lieu traditionnel de rassemblement au coeur d'Alger du "Hirak". 

"On va passer la nuit dehors pour arracher notre indépendance, celle de la démocratie", a confié à l'AFP Hamid, 22 ans, un chômeur habitant le quartier de Belouizdad (ex-Belcourt).

- "Makache l'vote" -

Une partie des manifestants s'étaient rassemblés dès 10H00 (09H00 GMT), répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux, sur la Place du 11-Décembre-1960, à Belouizdad, en ce jour anniversaire du déclenchement des grandes manifestations de décembre 1960 contre le pouvoir colonial français. Parties notamment de ce quartier d'Alger, elle s'étaient propagées durant une semaine à travers l'Algérie.

Ils ont ensuite pris la direction de la Grande Poste, à 4 km de là et y ont rejoint de nombreux autres manifestants après avoir réussi à contourner des cordons de police en tenue anti-émeutes.

Meriem, 62 ans, autre habitante de Belouizdad, a marché avec sa fille et sa belle-fille. Elles brandissaient des cartons rouges portant l'inscription "Makache l'vote" ("Pas de vote") en signe de refus de la tenue de la présidentielle, prévue jeudi pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, contraint en avril à la démission par la contestation, après 20 ans de pouvoir.

"Je marche pour dire non au vote. Non au système Bouteflika sans Bouteflika", explique Meriem. Pour sa fille Fatma Zohra, comptable, "c'est notre dernière chance avant le passage en force du pouvoir avec ce vote".

"Demain il y aura une grande marche. Il n'y aura pas de vote", scandent les manifestants.

"Pas de marche arrière, le pouvoir à la fourrière", chantent-ils également, conspuant le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et incarnation du haut commandement militaire qui assume ouvertement la réalité du pouvoir depuis le départ de M. Bouteflika.

Toute manifestation est interdite à Alger depuis 2001 et depuis février la police ne tolère que les cortèges hebdomadaires du Hirak le vendredi, et dans une moindre mesure ceux des étudiants le mardi.

Des manifestations réclamant l'annulation du scrutin se déroulent également mercredi en province, notamment à Constantine (2e ville du pays), Bejaïa, Tlemcen ainsi qu'à Bouira et Tiza Ouzou, villes de la région de Kabylie (à une centaine de km à l'est d'Alger), selon les réseaux sociaux et les médias locaux.

AFP

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