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Le Malawi se prépare à des manifestations contre la vie chère


Un policier dans une rue de Lilongwe, au Malawi AFP/Archives

La police anti-émeute a été déployée dans les rues des grandes villes du Malawi jeudi, avant des manifestations contre les réformes destinées à remettre à flot l'économie et attirer les investisseurs, qui ont rendu la vie encore plus chère.

Des policiers ont été déployés le long des trajets que les manifestants devaient emprunter à Lilongwe --la capitale administrative-- Blantyre --la principale ville du pays-- et Mzuzu (nord), selon des témoins.

De nombreux Malawites se plaignent des effets des réformes économiques entreprises par la présidente Joyce Banda depuis sa prise de pouvoir en avril 2012.

"Notre principale préoccupation a été la flottaison du kwacha qui a rendu les prix du marché incertains" et a très fortement déprécié la monnaie locale par rapport au dollar, a déclaré John Kapito, le meneur du groupe de consommateurs appelant à manifester.

Les réformes, qui sont soutenues par le Fonds monétaire international (FMI), "ont fait souffrir les pauvres au Malawi", selon lui.

La moitié des 14 millions de Malawites vivent sous le seuil de pauvreté et le pays est fortement dépendant des donateurs, qui apportent 40% du budget de développement du pays.

Des manifestations similaires avaient tourné aux émeutes et aux pillages en juillet 2011, à la fin de la présidence de Bingu wa Mutharika (décédé en avril 2012), alimentées par la colère d'une population alors confrontée à des pénuries chroniques de carburant et de devises. La police avait tiré sur la foule, faisant 19 morts.

La police s'est cette année engagé à "garantir un maximum de sécurité pour protéger les vies et les propriétés privés".

Mais alors que la situation restait tendue jeudi, les craintes de troubles généralisés semblent avoir été surestimées. De nombreuses écoles, banques et d'autres entreprises ont ouvert normalement, tandis que les écoles privées ont fermé leurs portes.

"Nous avons appelé à des manifestations pacifiques et nous appelons le monde des affaires de ne pas paniquer", a expliqué John Kapito. "Nous avons délibérément choisi des trajets où il n'y a pas de magasins."