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Les Maliens de France, soulagés mais inquiets

Avec le début de l'intervention des forces françaises au Mali, les Maliens de France font l’objet de toutes les attentions. Libération, RFI et le Huffington Post ont chacun enquêté sur cette communauté unanimement favorable à l’intervention française.

Et c’est à Montreuil, dans la région parisienne de la Seine-Saint-Denis, que Libération et RFI se sont arrêtés, où «une légende urbaine, alimentée, entre autres, par l’ancien député-maire communiste de la ville, Jean-Pierre Brard, prétend que Montreuil... serait la deuxième ville du Mali en termes de population», raporte Libération.

La ville compte 6.000 Maliens, une communauté qui ces derniers jours «n’a d’yeux que pour Bamako», titre le quotidien français. 

Les yeux rivés sur les écrans des chaînes d'information, les Maliens de France sont en effet partagés entre le soulagement et l'anxiété. 

Libération est allé à la rencontre des leaders associatifs maliens de la ville, qui remercient la France, et a aussi rendu visite à des familles maliennes, comme les Traoré, qui eux aussi approuvent l’intervention française. 

Se confiant à l’AFP, un jeune malien de Montreuil annonce la couleur: 

«On ne parle pas de France-Afrique, ce n’est pas la question. On avait besoin de cette aide. Si les islamistes avaient pris Bamako, c’était fini».

«On est très fiers des Français», ajoute un autre homme interrogé par l'agence de presse. 

Le Huffington Post, de son côté, a rendu visite aux Maliens du 18e arrondissement de Paris, dans le quartier populaire de la Goutte d’Or.

Dans un magasin du quartier, les journalistes ont été accueillis par les remerciements d’Ibrahim, un Malien de 49 ans: «Je remercie Hollande, je remercie la France!» s’est-il écrié.

Malgré l'humeur joviale, les médias français rapportent tous les inquiétudes et l'anxiété des Maliens de France.

Et puis, il y a la douleur de savoir ses proches au pays, parfois dans le nord, avec le risque aussi qu'ils se retrouvent sous les bombes françaises.

Kadidia, une vendeuse de vêtements en Bazin et Wax dans le 18e interrogée par le Huffington Post, a déjà perdu un proche depuis le début de l'intervention française:

«Mon oncle était soldat. Il est mort vendredi, on venait juste de l’envoyer au nord», raconte-t-elle.

Enfin, les Maliens de France pensent à l’après-conflit et envisagent le pire. Une guerre qui s’éterniserait par exemple.

«Quand une guerre commence on ne sait pas quand elle se termine», s’inquiète ainsi Fatou Sénékamara, présidente de l’Association des Femmes dynamiques de la Diaspora africaine, au micro de RFI.

Lu et entendu sur LibérationRFI et Huffington Post

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