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Manifestation

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Alger "contre l'ingérence étrangère" et pour la tenue de la présidentielle du 12 décembre, rejetée par le mouvement de contestation qui agite l'Algérie depuis février, a constaté un photographe de l'AFP.

La manifestation était organisée à l'appel de l'Union générale des Travailleurs algériens, (UGTA, ex-syndicat unique), proche du Front de libération nationale (FLN) parti d'Abdelaziz Bouteflika que le syndicat a soutenu durant ses 20 ans de présidence jusqu'à sa démission, en avril, sous la pression de la rue.

Plusieurs manifestations "spontanées" en faveur des élections ont déjà eu lieu à travers le pays, mais il s'agit de la 1ere organisée de manière officielle par une structure proche du pouvoir, à moins de 15 jours du scrutin.

La participation était bien plus faible que celle des gigantesques manifestations hebdomadaires du mouvement ("Hirak") populaire de contestation du régime, qui expriment massivement depuis des semaines leur rejet du scrutin.

"Non à l'ingérence étrangère", pouvait-on lire sur des banderoles, répondant à une résolution votée jeudi par le Parlement européen. Ce texte appelle Alger à trouver une solution à la crise actuelle via "un processus politique pacifique et ouvert" et a dénoncé les "arrestations arbitraires" visant le mouvement de contestation.

D'autres exprimaient un "soutien à l'armée", dont le haut commandement, incarné par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, exerce ouvertement le pouvoir depuis la démission de M. Bouteflika et est conspué chaque semaine dans les manifestations antirégime.

"Il y aura des élections le 12 décembre", ont scandé samedi les manifestants qui ont qualifié de "zouaves" les participants au mouvement de contestation, en référence aux régiments coloniaux de l'armée française, historiquement majoritairement constitués d'Algériens.

Alors que toute manifestation est officiellement interdite à Alger depuis 2001, de nombreux policiers, en tenue ou en civil, ont encadré cette marche et arrêté plusieurs des nombreux badauds criant des slogans hostiles aux élections ou lançant des insultes au cortège.

Trois journalistes, travaillant pour des médias algériens en ligne favorables au "Hirak", ont été arrêtés et retenus deux heures dans un poste de police avant d'être relâchés, ont-ils indiqué sur les réseaux sociaux.

Si la police tolère les manifestations hebdomadaires de la contestation, très massives, elle disperse systématiquement ces dernières semaines à Alger tous les autres rassemblements hostiles à l'élection.

La contestation estime que la présidentielle vise à permettre au "système" au pouvoir depuis l'indépendance en 1962, dont elle veut se débarrasser, de se régénérer.

La télévision nationale, ainsi que plusieurs chaînes privées, soupçonnées de proximité avec le pouvoir et accusées de ne pas couvrir le "Hirak" ou de le faire de manière biaisée, ont diffusé en direct des images de la manifestation de samedi.

D'autres manifestations contre "l'ingérence étrangère", exprimant leur "soutien à l'armée" algérienne et à la présidentielle du 12 décembre, ont été organisées dans plusieurs villes du pays, à l'initiative de mairies, d'associations d'anciens militaires ou de "citoyens", selon l'agence de presse officielle APS.

AFP

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