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Elections locales sans l'opposition en Tanzanie

La Tanzanie organise dimanche des élections locales, considérées comme un test avant les élections nationales de l'année prochaine, mais sans le principal parti d'opposition qui boycotte le scrutin en invoquant la violence et l'intimidation.

Le parti Chama Cha Mapinduzi (CCM) du président John Magufuli, au pouvoir depuis 2015, est ainsi assuré de l'emporter. Plus de 19 millions d'électeurs vont désigner des responsables locaux au niveau des chefs de villages et de rues.

Ces élus jouent un rôle essentiel dans l'organisation des réunions publiques et la mobilisation pour les campagnes électorales. Jouissant d'importants pouvoirs, ce sont eux aussi qui, par exemple, autorisent l'accès des personnes âgées aux soins médicaux gratuits.

Le Chadema, principal parti de l'opposition, a décidé début novembre de ne pas participer au scrutin, expliquant que ses candidats étaient victimes d'intimidation ou de règlements dont le but était de bloquer leur candidature. Cinq petits partis se sont joints au boycottage.

Selon le Chadema, des militants ont été kidnappés et battus et l'un d'entre eux a accusé les autorités d'être derrière une attaque à l'arme à feu en 2017. Selon le parti, plusieurs ont disparu et ont été assassinés.

"Notre parti trouve qu'il est plus sage de ne pas cautionner une telle tricherie électorale. Continuer à participer à des élections de ce genre, c'est légitimer l'illégalité", a déclaré le président du Chadema, Freeman Mbowe.

Dans la capitale économique, Dar es Salaam, plusieurs bureaux de vote n'ont pas ouvert car les candidats du parti au pouvoir étaient seuls en lice et ont été élus automatiquement, a constaté un journaliste de l'AFP. Le scrutin ne sera pas non plus organisé pour la même raison dans trois des 26 régions de la Tanzanie continentale.

Dans quelques bureaux de vote, des candidats de petits partis d'opposition se sont néanmoins portés candidats.

Les premiers résultats sont attendus lundi. Lors des élections locales précédentes de 2014, le CMM de M. Magufuli avait remporté les trois quarts des plus de 12.000 postes à pourvoir. Le Chadema avait obtenu 15% des sièges.

Les prochaines élections nationales sont fixées à la fin 2020. Le président John Magufuli devrait être candidat à sa succession pour un nouveau mandat de cinq ans, selon de nombreux observateurs tanzaniens.

Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé fin octobre un recul inédit des libertés fondamentales en Tanzanie depuis l'arrivée au pouvoir fin 2015 de M. Magufuli, dont le gouvernement a multiplié les actions répressives contre les médias, la société civile et l'opposition.

strs-pjm/jlb/lch

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