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Campagne électorale: nouvelle manifestation nocturne

Quelques centaines d'Algériens sont descendus jeudi soir dans la rue à Alger pour refuser la tenue de la présidentielle du 12 décembre, malgré les arrestations la veille lors d'une manifestation similaire et l'inculpation de 29 manifestants, selon des journalistes de l'AFP.

Environ 300 personnes scandaient "On aura la liberté", "On ne fera pas marche arrière" pour dénoncer l'organisation de ce scrutin par un régime dont le mouvement inédit de contestation né en février exige le démantèlement total, après avoir obtenu la démission d'Abdelaziz Bouteflika, président depuis 20 ans.

Dans le centre-ville, aux clameurs des slogans se sont ajoutés les sons des klaxons des automobilistes et des casseroles dont s'étaient munis des manifestants, avant que la police, qui quadrillait le quartier, ne disperse la foule.

Une trentaine de personnes ont été arrêtées, selon un journaliste de l'AFP.

Dans la journée, un juge d'instruction d'Alger a inculpé 29 personnes arrêtées la veille lors d'une manifestation nocturne similaire, a indiqué à l'AFP Me Zakaria Belahreche, avocat membre de la Ligue algérienne de Défense des droits de l'Homme (LADDH).

Toutes sont inculpées d'"attroupement non autorisé" (passible de jusqu'à un an de prison, ndlr), et 21 d'entre elles ont été remises en liberté provisoire, tandis que les huit autres sont poursuivies pour "association de malfaiteurs" et "atteinte à l'intégrité du territoire" - crime passible de dix ans de prison - et ont été placées en détention provisoire.

Répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, plusieurs centaines de jeunes Algériens étaient descendus mercredi soir dans les rues d'Alger en scandant notamment "Non au vote!", avant d'être dispersés par la police.

Même si les autorités tolèrent, chaque mardi et vendredi depuis fin février - faute de pouvoir les empêcher -, les marches du "Hirak", toute manifestation reste strictement interdite depuis 2001 dans la capitale algérienne.

Depuis le début de la campagne électorale dimanche, les réunions des candidats, pourtant placés sous forte protection policière, sont régulièrement perturbées par des manifestants qui dénoncent un scrutin visant à pérenniser le "système" au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1962.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et certaines condamnées à de la prison ferme.

Un homme qui avait interrompu mardi à El Oued (550 km au sud-est d'Alger) un discours du candidat Ali Benflis, ancien Premier ministre de M. Bouteflika, a été condamné à six mois de prison avec sursis, a indiqué mercredi à l'AFP Abdelmoumene Khelil, secrétaire général de la LADDH.

Filmée, l'intervention de cet homme qui avait bruyamment accusé M. Benflis de "trahir le peuple" avec sa candidature, a été largement relayée sur les réseaux sociaux.

Jeudi, Amnesty a dénoncé un "climat de répression et de restrictions aux libertés d'expression" dans lequel se déroule la campagne électorale.

A Tiaret, 25 personnes qui tentaient de perturber jeudi une réunion électorale de M. Benflis ont été arrêtées, selon l'agence de presse officielle APS. Elles ont toutes été relâchées depuis, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association.

Autre ancien Premier ministre de M. Bouteflika, le candidat Abdelmadjid Tebboune a réuni à Constantine, troisième ville du pays, moins d'un demi-millier de ses partisans dans une salle pouvant en contenir le triple, à une dizaine de km du centre-ville dont il est resté éloigné, a indiqué à l'AFP un journaliste local. 

AFP

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