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Zimbabwe: un rassemblement de l'opposition dispersé par la police

La police zimbabwéenne a dispersé mercredi à Harare à jets de gaz lacrymogène et à coups de matraque des partisans du principal parti d'opposition du pays venus écouter un discours de leur président, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'intervention des forces de l'ordre a fait plusieurs blessés dans la foule, selon la même source.

"Plusieurs personnes ont été frappées et blessées", a déploré auprès de l'AFP Daniel Molokele, le porte-parole du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), le principal parti d'opposition au Zimbabwe. "Nous condamnons, dans les termes les plus fermes, la brutalité de la police."

S'étant vu interdire par les autorités de se réunir sur une des places de la capitale, plusieurs centaines de sympathisants du MDC s'étaient rassemblés mercredi matin devant le siège du parti pour écouter un discours de leur chef, Nelson Chamisa, sur l'état du pays, englué dans une crise économique catastrophique.

D'importants effectifs de police, munis de deux canons à eau, ont alors encerclé la foule, puis l'ont dispersée sans ménagement dans les rues alentour, empêchant M. Chamisa de s'adresser à ses partisans.

"Ils veulent que les gens fassent quoi ?", s'est indignée auprès de l'AFP une vendeuse du quartier, Sabina Muchemwa. "La situation est vraiment dure et le gouvernement ne fait rien pour l'alléger. Pourquoi ils empêchent Chamisa de parler ?"

Depuis des mois, les ONG accusent le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa de réprimer les manifestations de l'opposition, de la société civile ou des simples citoyens qui dénoncent la dégradation continue de leurs conditions de vie.

Depuis les émeutes causées en janvier par la hausse des prix des carburants, elles ont recensé une cinquantaine de cas d'enlèvements et de tortures.

Le Zimbabwe est enlisé depuis vingt ans dans une crise économique et financière interminable.

La situation de ses 15 millions d'habitants s'est encore aggravée récemment avec le retour de l'hyperinflation, des coupures d'électricité, des pénuries de produits comme la farine, le carburant et les médicaments, et la sécheresse.

AFP

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