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Pourquoi la crise malienne est plus complexe que la crise en Centrafrique

En Centrafrique, les forces armées de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac) ont réussi à stopper la progression des rebelles de la Séléka, les contraignant à négocier avec le régime de François Bozizé.

En Afrique de l'ouest en revanche, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) ne peut pas se prévaloir d’une intervention autonome pour contrer la présence islamiste au Nord Mali.

Une différence qui s'explique, selon le site Guineeconakry.info par la dépendance de la Cédéao vis-à-vis des autres instances internationales, au premier rang desquelles, l'ONU.

La Ceeac, quant à elle, n’aura pas attendu le feu vert du Conseil de sécurité pour intervenir en République Centrafricaine. Pour le site guinéen, sans l'intervention de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), il est clair que Bangui serait aujourd’hui aux mains des rebelles.

La Cédéao, trop «soucieuse de recevoir l’aval de l’instance onusienne (…) aura perdu tout le temps dans d’interminables atermoiements dont ont profité les islamistes...» déplore le site guinéen.

La crise malienne se révèle plus complexe que la situation centrafricaine et nécessite un soutien logistique et humain considérable. L'intervention en Afrique centrale présente l'intérêt du pragmatisme.

Selon le journal duTchad, la Ceeac fut longtemps limitée aux missions administratives, a désormais «sorti le grand jeu pour résoudre la crise centrafricaine». En plus d’un engagement mutuel du gouvernement Bozizé et de la rébellion à négocier, elle a obtenu des chefs d’Etats de la région un renforcement des effectifs de la Fomac, qui regroupe aujourd'hui plus de 700 soldats.

L’armée tchadienne, qui compte selon le site britannique du Guardian parmi les plus respectées d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest, a envoyé 400 hommes à la Fomac. Le président Bozizé, déjà assisté par le Tchad dans le passé, s'est montré reconnaissant lors de ses voeux du 31 décembre, rapporte le Guardian.

«Grâce à l'armée tchadienne, vous pouvez m'écouter à la radio ce soir et me voir à la télévision» a-t-il déclaré.

Lu sur Guineeconakry.info, le Journal du Tchad, le Guardian


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