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Egypte - Moubarak était au courant de tout sur la répression sanglante

Il disait ne rien savoir de la répression sanglante des manifestants qui demandaient sa tête. Hosni Moubarak a menti. Voici la conclusion d’une commission d’enquête sur les décès qui ont eu lieu pendant le vent de révolte de 18 jours du début 2011.

Assis devant sa télévision, Moubarak a vu les gaz lacrymogènes et les balles réelles utilisées contre les manifestants, relaie le site du quotidien américain The New York Times. 

Les vidéos étaient diffusées sur un canal chiffré, permettant donc au président et à plusieurs hauts fonctionnaires de suivre ce qu’il se passait avec discrétrion.

Face à ce spectacle de soulèvement populaire, M. Moubarak a autorisé l'utilisation de tous les moyens permettant de mettre fin aux manifestations, a déclaré aux enquêteurs de la commission le ministre égyptien de l'Intérieur de l’époque Habib el-Adly.

«Moubarak savait tout, du petit au grand évènement», a poursuivi le ministre de l’Intérieur.

Le rapport de la commission a été remis le 3 décembre 2012 au successeur du raïs Moubarak, le président Mohamed Morsi. Les conclusions du rapport n’ont toutefois pas été rendues publiques.

Ces conclusions contredisent par ailleurs les arguments des avocats la défense qui arguaient il y a encore quelques mois que leur client n’avait nullement autorisé l’usage du feu contre les manifestants et qu'il ne régnait pas vraiment. Une image renforcée par les apparitions de l’ancien président sur une civière et les différents communiqués sur l’aggravation de son état de santé.

Plus de 800 personnes sont mortes pendant le soulèvement, et des dizaines d'autres ont été tuées lors de la transition politique menée par le Conseil suprême des forces armées au lendemain de la démission d’Hosni Moubarak. Les défenseurs des droits de l’homme espèrent donc que ce rapport mettera fin à l’impunité autour des violences faites aux civils.

Mise en place au lendemain de l’élection de Mohamed Morsi, cette commission répond à une demande populaire de voir les responsables de la répression des civils derrière les barreaux. Le comité a également enquêté sur les décès de manifestants lors de la période de transition militaire.

Au cours d’un entretien téléphonique, Mohsin al-Bahnasi, un membre de la commission, a déclaré avoir recueilli un nombre de preuves suffisant pour inculper des responsables militaires. Mais cela sera-t-il suffisant pour conduire Hosni Moubarak et les responsables de l’armée devant les tribunaux?

Lu sur The New York Times 

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