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Tunisie: un ex-conseiller du président dénonce la justice militaire


Ayoub Messaoudi, ancien conseiller de presse du président Moncef Marzouki, le 30 août 2012 à Tunis AFP/ Archives Salah Habibi

Un ancien conseiller du président tunisien condamné pour "diffamation de l'armée" a dénoncé mercredi la partialité de la justice militaire devant laquelle il doit comparaître vendredi en appel, à la suite d'une plainte des chefs de l'institution militaire.

"Dans cette affaire, la justice militaire est à la fois juge et partie", a déclaré Ayoub Messaoudi, lors d'une conférence de presse.

L'ex-conseiller de presse du président Moncef Marzouki a été condamné à quatre mois de prison avec sursis à la suite d'une plainte du chef d'état-major des armées, Rachid Ammar, et du ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi, également président du Conseil de la magistrature militaire.

M. Messaoudi s'est dit victime d'une "vengeance politique" pour avoir exprimé librement son opinion et critiqué des chefs de l'institution militaire.

Il s'exprimait devant la presse dans les locaux du syndicat de journalistes tunisiens, qui lui a apporté son appui.

Le tribunal militaire a levé l'interdiction de voyage qui frappait M. Messaoudi depuis septembre, mais cette mesure n'a pas été mise en oeuvre, a-t-il indiqué, dénonçant des pressions pour le faire revenir sur des propos tenus lors d'une émission télévisée le 15 juillet.

M. Messaoudi avait lors accusé le général Ammar et le ministre de la Défense de "trahison d'Etat", leur reprochant de ne avoir pas informé le président Marzouki, pourtant chef des armées, de l'extradition vers la Libye de l'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi.

Cette extradition avait été décidée et exécutée par le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali malgré l'opposition de M. Marzouki qui estimait que M. Mahmoudi n'était pas certain de bénéficier d'un traitement équitable en Libye.

L'affaire avait provoqué une crise politique au sommet de l'Etat.