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Cette femme maire du Nord-Mali qui lance un SOS à Barack Obama

«Comment le gouvernement des États-Unis réagirait-il si une partie considérable de son territoire était occupée par des terroristes et des trafiquants de drogue qui violent les femmes et les forcent à se marier?»

C’est l’une des questions, volontairement provocante, que pose Oumou Sall Seck dans une tribune signée au New York Times le 28 décembre. Cette femme politique, ancienne maire de la petite ville de Goundam dans le Nord-Mali, lance un appel aux autorités américaines pour qu’elles aident le pays sahélien à sortir de la crise.

Dans sa tribune, intitulée «Sauvez le Mali avant qu’il ne soit trop tard», elle tente ainsi de sensibiliser les Américains à une cause qui, somme toute, reste assez peu connue outre atlantique. Pour ce faire, elle explique comment elle a dû quitter le nord du Mali pour fuir le contrôle des djihadistes.

«En 2004, je suis devenue la première femme à être élue maire d'une ville dans le nord du Mali (…) J'ai pourtant été obligée de fuir cette ville tôt en 2012 lorsque les djihadistes et les séparatistes en ont pris le contrôle. Goundam, comme d'autres villes du Nord, a sombré dans le chaos total: il n'y a plus de gouvernement, pas d'écoles, pas de bibliothèques, pas d'électricité et pas de liberté pour les citoyens» explique-t-elle.

Pour bien faire comprendre les enjeux actuels de la crise malienne, Oumou Sall Seck n’hésite pas à remonter dans le temps, et à raconter comment se déroulait la vie avant la prise de contrôle du nord par les groupes armés, en avril 2012.

Si, selon elle, il n’était «pas facile» d’être une femme maire «dans cette région ultraconservatrice», les choses allaient plutôt bien avant la crise. «Même si l'économie était lente à décoller, on progressait. Maintenant tout est en ruine» accuse-t-elle. 

D’où son appel lancé directement à Barack Obama, à la communauté internationale, à l’Union Européenne et à la Cédéao (Communauté Economique de Etats d’Afrique de l’Ouest) pour «récupérer immédiatement le nord du Mali aux extrémistes violents».

Et pour tenter de convaincre un peu plus le lecteur, Oumou Sall Seck exprime l’idée selon laquelle «le président Obama ne doit pas laisser le nord du Mali devenir un foyer de terroristes et de trafiquants de drogue qui sont un danger pour le monde entier».

Lu sur New York Times

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