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La cour d'assises de Bruxelles a entamé jeudi l'examen des charges pesant sur Fabien Neretsé, un ancien haut fonctionnaire rwandais, hutu, qui va être jugé pendant six semaines, accusé d'avoir pris part au génocide de 1994 dans son pays.

Il s'agit du cinquième procès en Belgique lié au génocide rwandais depuis 2001, mais pour la première fois un accusé doit répondre de "crime de génocide". L'intéressé nie toutefois les faits.

"Fabien, nom d'usage Neretsé, né le 21 octobre 1948 à Mataba": comme le veut l'usage, l'accusé a décliné son identité en se présentant dans le box vers 09H30 (8H30 GMT).

Interpellé en 2011 en France, où il vivait depuis une dizaine d'années en Charente (ouest), il n'a effectué que quelques mois de détention provisoire et comparaît libre à ce procès où il encourt la réclusion à perpétuité.

L'acte d'accusation, lu jeudi par le représentant du parquet fédéral, présente Neretsé comme "un suspect de première catégorie, c'est-à-dire la catégorie des planificateurs du génocide", d'après une liste officielle des autorités rwandaises datant de 2001.

Une dizaine de proches de victimes étaient présents à l'ouverture de l'audience dont Martine Beckers, une Belge de 70 ans, dont la soeur, le beau-frère (un Rwandais de la minorité tutsi) et la nièce de 20 ans comptent parmi les victimes présumées de Neretsé.

Ces trois membres d'une famille belgo-rwandaise ont été abattus par balles non loin de leur maison de Kigali, le 9 avril 1994, au moment où ils cherchaient à fuir les premiers massacres.

Selon l'accusation, c'est Fabien Neretsé, un habitant du même quartier considéré comme un extrémiste hutu, qui a fait intervenir des hommes armés pour les empêcher de se mettre à l'abri. Au total onze voisins ont été tués ce jour-là.

Outre ces onze meurtres dans la capitale rwandaise, deux autres sont reprochés à M. Neretsé dans les préfectures de Gitarama et Ruhengeri (nord), où cet ingénieur agronome avait fondé une école qui aurait servi à financer une milice armée.

Dans ce Nord rural dont il était originaire il était considéré comme "un seigneur local", selon des témoignages versés au dossier.

Les faits reprochés (13 meurtres et trois tentatives de meurtre) se sont produits d'avril à juillet 1994, lors du génocide ayant fait au moins 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi mais aussi parmi les Hutu modérés.

AFP

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