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Algérie - Être une femme libérée, c'est pas si facile

On ne peut pas parler des femmes algériennes sans parler de leur pluralité, leurs différences culturelles et géographiques. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne partagent pas des valeurs universelles et le désir de s’émanciper et d’investir l’espace public.

Qu’elles soient d’Alger, de Tamanrasset, de Bejaïa, de Constantine, d’Ouargla ou de Timimoun ces femmes sont actives, autonomes et passionnées.

Un web-documentaire, accessible dès ce 26 décembre, présenté sous la forme d’un diaporama sonore, invite les internautes à partir en voyage au coeur de l’Algérie et entrer dans le quotidien de ces femmes. Chacune livre son quotidien et exprime ses espoirs de changement d’une société en crise.

Nadjet, Abla et Malika, mais aussi Louiza, étudiante ou Houria, journaliste investissent l’espace public pour exercer leur métier. Fatea (nom du taxi et du webdocumentaire) leur donne la parole.

Rencontre avec Fatma, âgée de 65 ans et travaillant la terre à Timimoun, au centre ouest de l'Algérie: 

«Le matin, quand je descends au jardin, je ne remonte pas. Quand on se lève, on fait la prière.On boit du thè et celui qui travaille s’en va.»

Arrivée au jardin, Fatma prend sa bêche et arrose la terre asséchée.

«On récolte, on fait la moisson», dit-elle, vêtue d’une robe ample, orangée et bariolée de fleurs blanches. Au poignet, elle porte un bracelet couleur d’or.

Elle est autonome. Elle le dit. Elle fait son pain, tire tout ce dont elle a besoin de son jardin. Elle vend une partie au souk afin d’acheter d’autres produits.

«L’essentiel: notre dîner, on le ramène du jardin», ajoute-t-elle. 

On quitte les palmeraies de Timimoun. Direction Oran et rencontre avec Sadia Hamada, professeure d’athlétisme.

Faire du sport l’a amenée à essuyer les critiques de sa famille, ce qui ne l’a pas empêché de percer en haltérophilie. Lors des cours d’athlétisme, elle sensibilise les parents de ses élèves à la nécessité du sport pour tous.

«On m’a perturbée», confie t-elle.

«Les gens du village disaient à mon père: "on a vu ta fille à la télévision. Tu l’as laissée partir. C’est une femme." Le corps féminin c’est un tabou. Au début mon père me laissait et ensuite il a commencé à me faire du chantage à l’âge de 18 ans.»

«La fille, c’est un sujet faible par rapport à un garçon», lui faisait-on comprendre. 

Vu sur TV5 MONDE

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