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Centrafrique: ce qu'il faut savoir sur les rebelles du Séléka

La rébellion qui fait couler beaucoup d’encre depuis qu’elle menace de prendre position dans la capitale centrafricaine Bangui, est encore largement méconnue.

Le Séléka (qui signifie «alliance» en langue sango, l'une des deux langues officielles de la Centrafrique), coalition de différents groupes rebelles centrafricains, met désormais sérieusement en péril le pouvoir de l’actuel président de la République centrafricaine, François Bozizé.

Née du regroupement de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), de la Convention patriotique pour le Salut wa Kodro (CPSK) et de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), la coalition rebelle du Séléka a «officialisé (son) alliance politico-militaire dans un communiqué», le 17 décembre, a expliqué le site du Journal de Bangui.

Dans une interview donnée au site Afrikarabia et reprise par le Journal de Bangui, Jean-Paul Bagaza, porte-parole de la coalition du Séléka en France, a précisé le 20 décembre les revendications de la rébellion.

«Nous souhaitons simplement que le président Bozizé respecte les accords signés à Libreville (Gabon) en 2007. Il y avait deux points essentiels: le désarmement et l'insertion dans l'armée centrafricaine de tous les anciens belligérants», avait expliqué le porte-parole des rebelles.

Ces revendications insatisfaites ont poussé les rebelles à poursuivre leur conquête du territoire et à radicaliser leurs positions.

«Nous souhaitons maintenant insérer dans cette négociation de nouveaux éléments, comme l'instauration de la démocratie, le respect des droits de l'homme ainsi que le respect de notre constitution», a ainsi déclaré le porte-parole de la rébellion en France le 20 décembre.

Pour le chercheur Roland Marchal interrogé par le Figaro, «les objectifs de Séléka ne sont pas très clairs. C'est une coalition de groupes hétéroclites aux revendications très différentes. Mais leur avancée rapide et le comportement convenable de ses hommes dans les territoires conquis montrent qu'il y a une vraie chaîne de commandement —et donc sans doute une stratégie».

Car à la faveur des victoires rapides de la rébellion, gagnant jour après jour du terrain sans rencontrer de réelle opposition militaire de la part des forces gouvernementales, les objectifs de la coalition semblent s’être affirmés de plus en plus ambitieux.

Lu sur Le Journal de Bangui, Afrikarabia, Le Figaro

 

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