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Mali: 49 soldats meurent dans une attaque "terroriste", une des plus grosses pertes de l'armée

L'armée malienne a subi vendredi un de ses plus gros revers de ces dernières années avec la mort de 49 soldats dans une nouvelle attaque "terroriste" à Indelimane, près du Niger, qui remet en cause ses capacités à faire face aux jihadistes.

Ce bilan, annoncé samedi par l'armée sur sa page Facebook, est l'un des plus importants qu'elle a enregistrés depuis l'invasion jihadiste à partir de 2012 dans le nord du pays et qui s'est progressivement étendue vers le centre et les Etats voisins.

L'attaque d'Indelimane, dans la localité d'Ansongo, près de Ménaka (nord-est du pays), est qualifiée de "terroriste" par l'armée et le gouvernement maliens. Elle n'a pas été revendiquée et les circonstances de l'attaque n'étaient pas connues samedi.

Ayant visé l'un des plus importants camps de l'armée dans cette zone, elle survient un mois après les attaques jihadistes meurtrières, le 30 septembre à Boulkessy et le 1er octobre à Mondoro, dans le sud du pays, près du Burkina Faso. Quarante soldats avaient alors été tués dans ces deux attaques, selon un bilan d'un responsable du ministère de la Défense. Plusieurs sources estiment que ce bilan officiel de 40 morts a été sous-évalué.

- "Attaque surprise" -

"Les terroristes ont mené une attaque surprise à l'heure du déjeuner. Des véhicules de l'armée ont été détruits, d'autres emportés", a déclaré samedi à l'AFP un officier de l'armée malienne présent à Indelimane.

Après cet assaut, une vingtaine de rescapés ont été retrouvés, a ajouté samedi l'armée malienne qui a aussi fait état de "trois blessés et de dégâts matériels".

Elle a revu à la baisse un précédent bilan, donné vendredi soir par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Yaya Sangara, faisant état de 53 soldats et d'un civil tués.

"La situation est sous contrôle des FAMa (armée malienne) à Indelimane. Le ratissage est toujours en cours en vue des évaluations", a ajouté l'armée samedi.

La Mission de l'Onu au Mali (Minusma) "condamne très fermement l'attaque terroriste" et affirme que "des opérations de sécurisation sont actuellement en cours dans la région avec l'appui de Casques bleus", selon un communiqué publié samedi.

- "La saignée ne peut plus continuer" -

"Cette saignée que le Mali vit ne peut plus continuer. Voulez-vous qu'on se résigne à ce calvaire ? Nous pouvons résister", a déclaré samedi à Bamako l'imam Mahamoud Dicko, influente figure religieuse malienne.

De son côté, le Sénégalais Alioune Tine, défenseur des droits de l'homme et icône de la société civile africaine, a appelé samedi sur Twitter à une mobilisation africaine. "Si l'Afrique ne se mobilise pas pour le Mali et le Burkina, elle ne sera pas épargnée par le feu de brousse qui va vite gagner les pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, les prochaines cibles de choix" des jihadistes.

Voisin du Mali, le Burkina Faso est pris depuis près de cinq ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements jihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe Etat islamique.

Depuis 2016, 204 militaires burkinabè sont "tombés pour la défense de la patrie" lors d'attaques jihadistes, qui ont fait au moins 630 morts civils et militaires selon un comptage de l'AFP. Depuis début 2015, les attaques jihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le Nord et l'Est, ont occasionné près de 500.000 déplacés internes et réfugiés selon l'ONU.

Ces attaques jihadistes au Sahel sont d'abord parties du nord du Mali, tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes, qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit toujours.

Cependant les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

AFP

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