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Eboulement meurtrier au Cameroun: les recherches reprennent, en vain pour l'heure

Les recherches ont repris mercredi pour retrouver d'éventuelles nouvelles victimes du glissement de terrain qui a fait la veille au moins 42 morts, dont 26 enfants, à Bafoussam, dans l'ouest du Cameroun, ont indiqué des responsables locaux.

Elles avaient été suspendues durant la nuit. "Aucun nouveau corps n'a encore été retiré des décombres", a déclaré à l'AFP mercredi à la mi-journée François Fotso, le chef du bloc 6 du quartier défavorisé de Gouache IV, où ont été emportées une dizaine d'habitations précaires bâties à flanc de colline, dans la nuit de lundi à mardi dans cette ville située à environ 300 km au nord-ouest de Yaoundé.

Mardi, des habitants et les secouristes avaient retiré les corps de 42 personnes de la boue et des gravats, parmi lesquelles 26 enfants et 14 femmes dont quatre enceintes. Un couple a péri avec ses six enfants, a indiqué mercredi sur place le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji.

Une partie de la colline s'était effondrée après deux journées consécutives de précipitations torrentielles, d'une intensité exceptionnelle même en pleine saison des pluies. 

"Il y a encore des disparus mais ce serait hasardeux d'avancer un chiffre", explique M. Fotso au téléphone. 

"J'ai eu l'impression que la toiture de ma maison s'était envolée. Alors que je voulais me lever pour vérifier ce qui se passait, la maison s'est effondrée sur moi et ma famille", raconte Victor Tankou, contacté au téléphone par l'AFP dans l'hôpital où il est soigné avec trois de ses enfants rescapés. "Ma fille de 16 ans, en classe de terminale, est décédée. La terre l'avait totalement recouverte", souffle-t-il.

Il s'était installé à Gouache IV en 1998. "Des maisons construites à flanc de colline dans une zone à risque", avait assuré mardi à l'AFP un responsable administratif local, sous couvert de l'anonymat. "Il y a eu quelquefois des éboulements en contrebas, mais nous étions loin d'imaginer que cet endroit était une zone à risques", explique M. Fotso, assurant que la municipalité ne l'avait jamais signalé aux habitants.

La saison des pluies sévit en ce moment au Cameroun mais c'est quasiment l'ensemble de l'Afrique centrale qui est en proie, ces derniers jours, à des précipitations d'une intensité et d'une ampleur exceptionnelles.

Au lendemain du drame, la polémique enfle, sur les réseaux sociaux et par la voix de l'opposition.

Ce drame, comme d'autres, "similaires", est "essentiellement le fruit d'une urbanisation anarchique de nos villes due à la démission, depuis 37 ans au moins, des personnes tenant sans partage, voire illégitimement, les pouvoirs publics étatiques et municipaux", a accusé dans un communiqué Maurice Kamto, le principal opposant au président Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 37 ans.

Le Social democratic front (SDF), l'un des principaux partis d'opposition, s'est indigné de "l'abandon", par les "pouvoirs publics", "des classes vulnérables qui, pour se rapprocher de l'agglomération urbaine, sont prêtes à prendre des risques".

AFP

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