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Tanzanie: le grand bond en arrière des libertés fondamentales sous Magufuli (HRW, Amnesty)

Les libertés fondamentales ont nettement reculé en Tanzanie depuis l'arrivée au pouvoir en 2015 du président John Magufuli, dont le gouvernement a multiplié les actions répressives contre les médias et groupes de la société civile, ont dénoncé lundi Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Selon les deux organisations de défense des droits de l'homme, les assauts répétés du pouvoir contre la liberté d'expression sont inédits dans ce pays d'Afrique de l'Est qui a longtemps bénéficié d'une image de stabilité et de tolérance.

Le mandat du président Magufuli entre dans sa cinquième année début novembre et pour Roland Ebole, chercheur au sein d'Amnesty International, "la Tanzanie est en train de s'enfoncer à grande vitesse".

"Nous n'avons encore jamais vu ce niveau de harcèlement ou d'intimidation, ni la fermeture de médias. C'est nouveau en Tanzanie", a-t-il ajouté.

John Magufuli, qui célèbrera ses 60 ans mardi, avait été désigné en 2015 par le parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi (CCM) pour porter ses couleurs et succéder à la tête du pays au modéré Jakaya Kikwete. 

En dépit des protestations de l'opposition sur la sincérité du scrutin, il avait été proclamé vainqueur de la présidentielle d'octobre 2015, après s'être présenté aux électeurs comme "l'homme du peuple". Il s'était attaqué à la corruption dès son arrivée au pouvoir. 

Mais très vite ses détracteurs ont dénoncé son style autoritaire et la multiplication des détentions arbitraires de journalistes ou d'opposants.

Dans deux rapports distincts publiés lundi, HRW et Amnesty International ont documenté la façon dont le régime impose ses vues en recourant à des lois draconiennes.

Des journaux ont ainsi été fermés, des retransmissions en direct des travaux parlementaires coupées et des voies critiques emprisonnées.

Récemment, le journaliste d'investigation Erick Kabendera a été arrêté et questionné sur sa citoyenneté, avant d'être menacé d'être inculpé pour sédition et d'être finalement poursuivi pour crimes économiques.

Un autre journaliste pourfendeur du régime, Azory Gwanda, est porté disparu depuis 2017.

En mai, un virulent critique du président Magufuli, Mdude Nyagali, avait été enlevé par des inconnus puis retrouvé grièvement blessé, quelques jours plus tard, à 70 km de son domicile.

Ce climat détérioré "ne crée pas les conditions favorables à des élections libres et justes", a mis en garde Oryem Nyeko, chercheur chez HRW, en faisant référence aux élections générales prévues fin 2020. 

Le président Magufuli devrait être candidat à sa succession pour un nouveau mandat de cinq ans, selon de nombreux observateurs tanzaniens.

AFP

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