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Cameroun - La justice renvoie en prison un homosexuel pour des SMS

Trois ans de prison pour une déclaration d'amour par SMS. Tel est le triste sort du Camerounais Jean-Claude Roger Mbédé, qui a vu sa peine confirmée par la cour d’appel de Yaoundé le 17 décembre 2012. 

Âgé de 33 ans, il a déjà passé plus d'un an en prison. Il avait été libéré à l'été 2012 pendant la durée de son jugement en appel, rappelle le le site français Contrepoints. Désormais, Jean-Claude Roger Mbédé devra retourner en prison.

Pour rappel l’étudiant avait été arrêté en mars 2011 par les autorités camerounaises sur dénonciation pour des SMS, dont un «je suis très amoureux de toi», envoyés à l'un de ses compagnons. 

Dénoncé par le destinataire des missives, Christophe Foendi, Jean-Claude Roger Mbédé avait été arrêté chez ce dernier, alors qu’ils discutaient tous les deux dans le salon, souligne Jeune Afrique. Et pour cause, la loi camerounaise criminalise les «comportements homosexuels».

Me Michel Togué, l'un de ses avocats a déploré ce verdict: «Le Cameroun continue dans la bêtise. Le procureur général a estimé qu'il n'y avait pas d'éléments dans ce dossier mais la cour a tout de même confirmé le premier jugement»   

«Jean-Claude Roger Mbédé n'était pas présent à la cour. S'il avait été là, il aurait été arrêté dans la salle», a-t-il ajouté, précisant que son client allait se pourvoir en cassation, rapporte le quotidien français Le Monde

«Je suis catastrophée par la nouvelle. Cette condamnation est scandaleuse. Les conditions du délit d'homosexualité ne sont pas réalisées comme le soutenait d'ailleurs le procureur», a réagi Saskia Ditisheim, avocate suisse de Jean-Claude Roger Mbédé, dans un courrier électronique à l'AFP.

«Cette décision n'est pas conforme au droit mais conforme soit à l'ignorance de la loi soit à l'homophobie des juges», a-t-elle estimé.

Son traitement judiciaire a déclenché de nombreuses réactions internationales depuis les débuts de l'affaire. Human Rights Watch ou Amnesty International ont en particulier condamné dès 2011 les poursuites dont il est victime, souligne Contrepoints

«Amnesty considère que c'est un prisonnier d'opinion. D'autres organisations, dont All Out, continuent à demander au président camerounais Paul Biya de lever les charges retenues dans ce procès et d’abroger les lois homophobes en vigueur au Cameroun», indique Contrepoints.

L’homophobie dans le pays est réel. Les avocats de Jean-Claude Roger Mbédé sont en permanence menacés de mort, ou injuriés, rappelle le site camerounais Journal du Cameroun

Lu sur ContrepointsLe MondeJeune AfriqueJournal du Cameroun

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