SlateAfrique

mis à jour le

Les djihadistes ont rendu le Nord Mali invivable

Le Nord du Mali est en proie à une grande violence. Les islamistes radicaux y règnent d’une main de fer, obligeant plusieurs habitants à fuir le pays.

Les sévices corporels, amputations et tueries perpétrés par les mouvements islamistes au nom de la Charia ont entrainé des dizaines de milliers de déplacés, rapporte The Guardian.

Un reportage du journal anglais raconte le quotidien des populations traumatisées par le terreur des djihadistes.

«Un homme accusé d’avoir fumé une cigarette, a été amputé de la main devant une foule nombreuse. Ensuite la main coupée a été placée dans une cuve bouillante, puis une heure après, celle-ci a été recousue grossièrement sur le moignon de l’homme étendu à terre», raconte Ahmed, un commerçant âgé de 39 ans qui au lendemain des faits avoue avoir quitté la zone de peur de subir la furie de ces fous d’Allah.

Les cas d’amputation font florès désormais dans le Nord, où une vie en toute liberté est devenue une chimère. Ils sont aujourd’hui des milliers à avoir souffert dans la poussière rouge du Sahel.

Moctar et Souleymane sont deux chauffeurs, amputés des bras, qui tentent de se reconvertir en chanteurs pour ne cesser de crier leur haine contre leurs bourreaux.  

 «Ce n’est pas notre bras qu’ils ont coupé, c’est notre vie qu’ils ont enlevée», pleure encore Moctar dans un reportage de Maliactu.

Les deux jeunes gens d’une vingtaine d’années étaient chauffeurs routiers dans le Nord lorsqu’ils ont été arrêtés par les djihadistes pour «trafic et vol d’armes». Tous deux reconnaissent les faits, mais ils en paieront le lourd tribu. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus travailler car, avancent-ils, «personne ne voudrait d’un chauffeur avec une main».

La région est fragilisée par le départ en masse des services techniques notamment ceux de l’agriculture et de l’élevage. L’insécurité a entrainé beaucoup de déplacés dans le sud ou dans d’autres pays voisins, comme le Sénégal. Pour venir en aide aux populations restées, la Croix rouge malienne et la Croix rouge internationale procèdent à des distributions de vivres en faveur de 400.000 personnes et ont entamé aussi une vaste opération de vaccination animale.

Ce 17 décembre 2012 a été placé sous le signe du Mali, un pays coupé, par la Radio France Culture. L’équipe a déposé ses baluchons à Bamako pour tenter de comprendre comment ce pays a pu basculer dans la violence. Dans la capitale malienne, le gouvernement traverse une nouvelle crise avec la démission forcée de l’ancien Premier ministre Cheikh Modibo Diarra.

Lu sur The Guardian, Maliactu, Croix Rouge Internationale, France Culture

A lire aussi

Mali: tout est à refaire, après le départ de Modibo Diarra

Le capitaine Sanogo, meilleur allié des islamistes

Ganda Koy, une milice pour libérer le Nord-Mali