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Manifestants à Sidi Bouzid, le 14 août 2012. ©	 REUTERS/Zoubeir Souissi
Manifestants à Sidi Bouzid, le 14 août 2012. © REUTERS/Zoubeir Souissi

Sidi Bouzid ne veut pas oublier la révolution

Deux ans après l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, la jeunesse de Sidi Bouzid oscille entre fierté et amertume, découragement et activisme, dégoût de la politique et engagement citoyen. Rencontre avec ces jeunes qui ont fait la révolution.

Nizar Bargougui, 24 ans: «La Tunisie, c'est zéro»

Nizar Bargougui  fait le guide dans les rues mal entretenues du quartier Nour («Lumière»).

Les souvenirs encore vifs, il raconte les nuits qui ont agité cette cité populaire de Sidi Bouzid (centre de la Tunisie), il y a deux ans.

«On faisait tomber les poteaux pour barrer les routes, on lançait du fer sur les fils électriques pour couper le courant, on montait aux étages des maisons en construction et on jetait les cocktails molotovs sur la police», décrit-il.

Les jeunes de la cité Nour ont été les premiers à se soulever après l'immolation par le feu de leur voisin, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre.

A l'époque, Nizar, comme les autres, se révoltait «contre Ben Ali et sa belle-famille, les Trabelsi, qui ont volé le pays», et «contre la police, qui représentait leurs intérêts au lieu de défendre ceux du peuple».

Deux ans plus tard, il «regrette d'avoir participé» à cette révolution, qui ne lui inspire que des commentaires désabusés:

«Je préférais le régime de Ben Ali à celui d'Ennahda. Au moins avant, on avait l'espoir de gagner quelque chose en s'associant aux Trabelsi.»

Après la révolution, Nizar a arrêté d'aller laver des voitures, à 30 kilomètres d'ici, pour se lancer «dans le mazout».

Les mini-kiosques à essence de contrebande ont fleuri cité Nour, où on fume aussi plus de joints. Après quelques mois, Nizar s'est fait pincer et confisquer le pick-up turbo qu'il conduisait jusqu'à la «zone franche» en Algérie. Nizar n'a pas les 5.000 dinars (2.500 euros) pour le récupérer.

Depuis, «mes journées se résument à des allers-retours entre la maison et le café, il n'y a que ça à faire à Sidi Bouzid». Même tuer le temps est devenu plus difficile: le prix du café a augmenté, celui de la clope aussi.

«Elle est passée de 220 à 300 millimes!», souligne Nizar qui, à 24 ans, a «honte» de vivre aux crochets de son père ou, pire, parfois de sa copine.

«Pendant la révolution, on rêvait de tout changer. On attendait que l'Etat fasse intervenir des investisseurs, pour qu'on ait du travail.»

Mais pour le moment, «il n'y a que les chantiers». Les premiers gouvernements post-révolution ont multiplié ces petits boulots, fictifs pour la plupart. Il y aurait 8.000 à 12.000 ouvriers de «chantiers», dans toute la région.

Des nids à corruption, dénoncent beaucoup.

«Il faut graisser la patte aux petits chefs pour décrocher une place. Je refuse de payer pour un boulot à 240 dinars par mois», s'énerve Nizar, qui a tiré sa conclusion.

«La Tunisie, c'est zéro.» Il ne supporte pas la propagande d'Ennahda, qui vante sur de petites affiches les réalisations du gouvernement, «comme le faisait Ben Ali». Lui n'a même pas voté, aux premières élections, comme beaucoup de ces «chababs» en première ligne contre la police.

Nizar finit par lâcher qu'il est en train de préparer, sans grande conviction non plus, un dossier pour monter sa boîte de lavage auto. Il a le local, un petit atelier que son père possède dans le quartier des garagistes, mais pas de quoi investir dans du matériel. Comme beaucoup d'autres, son dossier de financement est bloqué.

Hamida Hamdi, 35 ans: «On ne peut compter que sur nous-mêmes»

Ce matin, Hamida Hamdi papote avec deux amies devant le bureau d'emploi, qui grouille de jeunes.

Créer son entreprise, ça fait longtemps que cette modéliste en rêve. Il y a treize ans, elle s'est expatriée au Sahel, comme beaucoup de Bouzidiennes, pour y travailler dans une de ces nombreuses usines textiles, concentrées sur la côte.

Très vite est née son idée de monter son propre atelier, nourrie par le ras-le-bol des petits salaires et de «l'exploitation des gens de la côte». Hamida voudrait «que les gens de Sidi Bouzid restent travailler ici et arrêtent de partir pour Monastir ou Sfax».

Elle compte embaucher 60 ouvrières et se spécialiser dans les uniformes. Elle a déjà tenté le coup, il y a cinq ans. Sans succès. La révolution lui a «donné le courage d'insister».

«On ne peut pas compter sur la politique, seulement sur nous-mêmes», juge-t-elle.

Jamel Hajlaoui, le militant des «projets bloqués»

Jamel Hajlaoui, lui, a le terrain et le local pour sa future unité de production d'aliments pour bétail, grâce à des incitations du gouvernement. Manquent 15.000 dinars (un peu moins de 6.000 euros) pour le matériel.

A cause de ça, voilà quinze ans que le projet est en plan. Jamel, qui depuis deux ans «ne s'occupe plus que de la révolution», s'est donc fait militant dans un collectif de «projets bloqués».

Il en a recensé 220 à 300, dans toute la région. Les causes: obstacles administratifs ou manque de fonds propres, la plupart du temps.

Habib et Slimane Rebhi, les businessmen post-révolution

«L'esprit d'entreprise existe. Notre problème, c'est l'administration, qui met tout le temps des freins», juge Habib Rebhi.

Lui et son frère Slimane, respectivement 25 et 29 ans, sont rentrés de Tunis, où ils s'étaient exilés pour leurs études, pour lancer une entreprise d'informatique, International Tunisia for Information Technology, installée dans le cyberparc de Sidi Bouzid.

Ils emploient quatre autres personnes, et comptent encore en embaucher une dizaine. ITIT fait partie des dizaines de projets financés par l'ONG de micro-crédit Enda, qui a lancé un programme spécial après la révolution.

«Certains disent que si les choses ne changent pas, c'est à cause de l'instabilité ou du manque d'initiatives des gens de la région. C'est pas vrai. Les jeunes bougent, ils sont actifs. Mais ils n'ont pas les moyens, ni l'assistance nécessaire pour construire leur projet», estime Akila Hamdi, la pétillante gestionnaire du portefeuille des nouveaux promoteurs.

Hichem Hajlaoui: «L'Etat ne contrôle rien»

Diplômé en informatique, Hichem Hajlaoui a enchaîné plusieurs boulots, depuis sa sortie de fac. Mais après la révolution, il a choisi de s'engager dans la société civile.  

«Avec d'autres jeunes, on a fondé une dizaine d'associations, dans la culture, le patrimoine, mais surtout le développement durable et l'emploi», énumère-t-il.

Il existerait quelque 400 associations dans toutes la région mais, faute de moyens, seule une dizaine arrive à fonctionner correctement.

«La plupart font des actions ponctuelles. L'impact stratégique, à long terme, est faible.»

Hichem et son réseau d'amis ont décroché un financement de la coopération allemande: dix-sept jeunes seront formés comme conseillers d'insertion et de développement. Ils tiendront des bureaux dans une demi-douzaine de villes de la région.

En deux années d'engagement, Hichem a mesuré l'étendue du gâchis: l'incurie de l'administration, le potentiel agricole sous-exploité, l'absence d'organisation de la main-d'œuvre saisonnière...

Et puis les nouveaux problèmes de l'après-révolution: l'Etat qui «ne contrôle rien», la municipalité qui fonctionne toujours sans maire... Surtout, le gouffre financier que représentent les «chantiers» l'énerve au plus haut point.

«Imagine si toute cette somme avait servi à financer des projets de jeunes promoteurs, qui auraient créé de l'emploi, tout un tissu!»

Comme beaucoup, il a été choqué par la proposition du ministre de l'emploi qui, face à la pénurie de main-d'œuvre, a sollicité les diplômés chômeurs pour la saison des olives.

«C'est un mauvais signe, normalement les jeunes cultivés sont les animateurs du développement.»

Mohamed Slimani, 33 ans 

Mohamed Slimani a une maîtrise en biologie, mais il a été «recruté pour militer contre le régime de Ben Ali, puis celui d'Ennahda», plaisante le jeune communiste, adhérent au parti des travailleurs, ancien de l'Union générale des étudiants tunisiens, et coordinateur de l'Union des diplômés chômeurs à Sidi Bouzid.

La région en compte 12.000. L'UDC, qui existe ici depuis 2006, milite pour la transparence et des critères exclusivement sociaux dans les concours de recrutement dans la fonction publique, lancés tous azimuts après la révolution.

«On avait demandé de participer au comités de sélection, mais ça n'a jamais été fait», dénonce-t-il.

Il a lui-même passé trois concours —prof, instit, surveillant— mais n'a rien décroché. Les plus âgés ont eu la priorité, comme ces deux camarades de 45 et 48 ans, recrutés comme conseillers au bureau d'emploi. Lui en a 33 et enseigne dans une école privée, pour quatre dinars de l'heure (deux euros).

Riadh Hidouri

Mobilisé pendant la révolution, puis pendant les sit-in de la Kasbah, Riadh Hidouri veut encore «continuer à manifester, puisque rien n'a changé».

En septembre, ce maîtrisard en sciences physiques a participé à un sit-in pour l'emploi, dans le petit village d'el Omrane, qui borde la nationale reliant Gafsa à Sfax.

Une route souvent coupée, depuis la révolution, pour faire pression sur les autorités. Avec onze autres, Riadh a été arrêté chez lui, en pleine nuit, accusé d'avoir entravé la circulation, mais aussi d'«agression d'un agent de la fonction publique, agression armée, création d'une bande criminelle, etc.», énumère-t-il en riant, incrédule.

«Tu vois comment on traite les jeunes de la révolution! On a seulement conquis un peu de liberté, mais le gouvernement d'Ennahda est en train de la réduire. Ils sont en train de reconstituer le même régime que le RCD (le parti de Ben Ali, Ndlr)», juge-t-il.

Après une forte mobilisation dans la région, ils ont finalement été remis en liberté le 23 octobre, au premier anniversaire d'une élection à laquelle Riadh n'a même pas participé.

«Je ne fais confiance à aucun parti. Aucun n'avait de programme réaliste, capable de changer la situation économique et sociale.»

Khaled Hamdi, 28 ans: «On sera les animateurs d'autres révolutions» 

Khaled Hamdi le reconnaît: «La situation est plus grave qu'avant la révolution.»

Mais il ne désarme pas et «ne regrette pas». Les jeunes de Menzel Bouzayene, là où sont tombés les premiers morts, le 24 décembre 2010, restent fiers de leur lutte, qu'ils inscrivent  dans la droite ligne des illustres combats de leurs grands-pères contre la colonisation.

«On sera les animateurs d'autres révolutions», lance ce gaillard de 28 ans, six fois champion de full contact et «malgré ça, au chômage».

Professeur de sport de formation, il vit de son petit kiosque de mazout de contrebande. Peut-être qu'il sera recruté comme fonctionnaire, bientôt. Son statut de «blessé de la révolution» lui en donne le droit.

Le 24 décembre 2010, Khaled a pris une balle dans le mollet.

«Je refuse d'être recruté juste pour ça. Ce n'est pas une solution! D'autres ont été très efficaces, il ne faut pas favoriser les blessés.»

Les jeunes de Menzel Bouzayene ont déjà prévu, si les blessés sont recrutés, «d'organiser une manifestation pour les autres chômeurs».

«Autant que le développement», Khaled voudrait connaître «la vérité», «le nom de celui qui a tiré et celui qui a donné l'ordre».

Pas pour le condamner:  

«J'admets que ma blessure est une blessure de combats», soutient-il. J

uste pour savoir. Il est allé deux fois au tribunal militaire de Sfax, où l'affaire est instruite.

«Il y a un progrès dans les investigations, mais on sent que les juges ne vont pas dans le bon sens.»

Comme tous, il est déçu de la classe politique.  

«La jeunesse de la révolution a passé la main à ceux qui avaient plus d'expérience. Malheureusement, ils travaillent davantage pour leurs intérêts personnels. On reste conscients de nos objectifs, mais aussi de l'aspect critique de cette étape transitoire. On attend la stabilité pour intervenir à nouveau.»

Le téléphone de Khaled sonne souvent. Depuis la révolution, il fait la médiation dans les batailles entre quartiers, entre tribus.

Cette fois, c'est pour un jeune qui a déclenché une bagarre à l'hôpital.

«Avant, ça se résolvait avec la force. Maintenant, on fait appel aux jeunes, et si ça s'aggrave, on fait intervenir les vieux sages.»

La garde nationale (l'équivalent de la gendarmerie) n'a plus «qu'un rôle administratif», dit-il. Pour qu'ils soient acceptés par la population, traumatisés par les morts, les blessés, les destructions systématiques des commerces pendant la révolution, les autorités ont rapatrié des agents originaires du coin.

Kalil et Hamza, 27 ans et  22 ans, les nouveaux salafistes

Kalil et Hamza ont choisi de «devenir salafistes», comme pas mal de jeunes à Sidi Bouzid. Hamza, lui, se dit «salafiste indépendant». semble surtout un peu paumé.

Il porte le qamis, mais «seulement le vendredi», fume beaucoup, boit de l'alcool de temps en temps. Il n'est pas le seul, assure-t-il:  

«Beaucoup fument du cannabis, certains en vendent, même.»

Il a déjà pris trois fois la barque pour Lampedusa, dont une fois cette année.  

«Un salafiste made in China, de mauvaise qualité», chambre un de ses amis.

Hamza se félicite de pouvoir faire ses prières et parler de religion, sans rien avoir à craindre.

«Avant, on passait pour des terroristes.»

Il balance quand même ses camarades barbus, qui «fournissent des aides pour le mariage ou pour monter un petit commerce».

Kalil, lui, a fait un choix radical: il a quitté la garde nationale, il y a six mois, parce qu'il ne voulait plus «appliquer des lois qui ne proviennent pas de l'islam».

«Un grand risque, reconnaît-il, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'emplois en Tunisie». Il a contracté auprès d'un proche un prêt, sans intérêt «comme le veut notre religion», pour monter un cybercafé: deux ordinateurs et des canapés, installés au fond d'un minuscule garage.

Anis Chouaibi

Prof de sport le matin, Anis Chouaibi est journaliste citoyen l'après-midi, «parce qu'il n'y a rien à faire».

«Sami», de son surnom, est membre fondateur de la page Facebook «SBZone radio». Avec la révolution, elle est passée de 30.000 à 76.000 fans.

«Maintenant, explique Sami, on est un peu plus libres et un peu plus pros».

Les douze administrateurs de la page Facebook ont suivi des formations en journalisme et ont créé une association pour former à leur tour lycéens et étudiants. Ils font aussi plus de terrain.

Dans sa dernière enquête, il a tenté de comprendre le manque de main-d'œuvre pour la récolte des olives. Conclusion: c'est à cause des «chantiers» qui «créent le sentiment de gagner de l'argent sans rien faire», a-t-il dénoncé sur SBZone.

A cause, aussi, de «tous les jeunes partis en Libye, où ils espèrent se faire plus de fric qu'ici».

Abdelwaheb Abdoulli, 24 ans: «Ça aurait été mieux que Ben Ali reste»

Chaque week-end depuis cinq ans, Abdelwaheb Abdoulli s'exerce avec son groupe d'amis breakdancers à la maison de la culture.

Les entraînements finis, il n'y a «rien à faire à Sidi Bouzid, que des cafés», critique le chômeur de 24 ans.

Les danseurs de hip-hop aimeraient bien animer un peu la ville, montrer ce qu'ils savent faire, mais ils rencontrent toujours résistance et conservatisme.

«On nous a dit que ça ne faisait pas partie du patrimoine.»

Pas moyen d'organiser des shows, comme dans les villes plus riches de la côte.

«Ici, il n'y a pas de sponsors et l'administration a refusé de nous aider, même de nous laisser le local. C'est toujours la même situation: on n'arrive pas à faire ce qu'on aimerait», regrette Abdelwaheb, qui ne renonce pas à ses ambitions.

«On veut développer l'activité, avoir un entraîneur professionnel et fonder un organisme qui s'intéresse à la danse contemporaine, pour que ça devienne une culture ici», ajoute-t-il.

Il apprécie la nouvelle liberté d'expression et «la fin du régime policier, des arrestations arbitraires».

Insuffisant pour lui faire passer son amertume: il regrette d'avoir pris part à la révolution.

«Ca aurait été mieux que Ben Ali reste. Même si on a des revendications, on ne peut rien faire, on n'a pas d'outils pour faire bouger les institutions. On avait l'espoir d'un changement radical, on vit une grande déception.»

Elodie Auffray

 

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Elodie Auffray est une journaliste freelance installée en Tunisie.

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